samedi 28 février 2009

Des ratios qui ne plaident pas en faveur des banques françaises


Le mentor de Barack Obama n'est autre que le socialiste Lionel Jospin avec son fameux slogan : "ni nationalisation ni privatisation."



"L'anxiété est l'intérêt à payer pour un ennui avant le solde dû."

Dean William R. Inge


L’analyse graphique est d’une grande clarté : la chute s’est accélérée depuis le 20 janvier 2009, jour de la prise de fonction du nouveau président des Etats-Unis.

L’indice Dow & Jones a, de nouveau, reculé cette semaine : de 7365 points à 7032 points. Cela représente une baisse de 4.5%, presque 1% par séance. Depuis le zénith du 9 octobre 2007, à 14164 points, l’indice a perdu 51% de sa valeur. Quand Barack Obama a pris ses fonctions, le 20 janvier 2009, l’indice était à 8279 points. Il a perdu 15% depuis cette date. Comme il a cassé, sans volume particulier, le support vieux de douze ans, la prochaine étape est à 6400 points.

La faible volatilité semble indiquer une capitulation du marché

Lors des points bas du 27 octobre 2008 et du 20 novembre 2008 qui correspondent aux pics de la crise bancaire, l’index de volatilité avait culminé à 80% lors de ces deux séances. Il n’est plus que de 50% actuellement. C’est un signal du marché particulièrement inquiétant. Michael Ashbaugh, un analyste de MarketWatch, l’a commenté ainsi : “Des extrêmes de l’indice de volatilité traduisent un excès de pessimisme, qui est consistant avec un bas majeur du marché, en d’autre terme une opportunité d’achat, alors que la complaisance avec de nouveaux bas traduit un risque de rechute". Autrement dit nous n’avons pas encore atteint l’abysse.

Pour ma part, la comparaison avec 1930 me hante. J’y vois le signal d’une capitulation du marché. Elle confirme ma prédiction d’une descente aux enfers. Sauf un miraculeux redressement, rien ne devrait stopper celle-ci. A titre de comparaison, le point le plus bas ne fut atteint que le 8 juillet 1932 (43 points) La descente aux enfers avait duré 34 mois. Si ce scénario catastrophique se répète, nous ne serions qu’à mi-chemin de la purge. L’abysse ne sera atteint que le 9 août 2010 quand le Dow & Jones voisinera les 1558 points. Je préfèrerais me tromper dans mes prédictions.

La nationalisation rampante des banques

Même si l’administration Obama s’en défend, on a assisté, cette semaine, à des prises de participation importantes du gouvernement fédéral dans de grandes banques. Notons que c’est la troisième opération de renflouement de la banque Citigroup et de l’assureur AIG. Cela démontre l’inefficacité des mesures prises. Comme je l’ai écris, il n’y a que deux options possibles : laissez tomber les canards boiteux ou les nationaliser. Le gouvernement américain a choisi la voie que Lionel Jospin avait suggérée au président François Mitterrand : ni privatisation, ni nationalisation. C’est la pire voie. Le marché ne s’y est pas trompé.

Si les déboires des Américains pouvaient nous servir de leçon…

Alors que la crise nous a amplement démontré le danger mortel que représente une grande banque pour le marché (Lehman Brothers), le président de la République a donné son feu vert au mariage entre la banque populaire et la caisse d’épargne.

La nomination du président du nouvel ensemble est conforme à la tradition française du capitalisme de copinage. Elle est un mépris des contre-pouvoirs laborieusement mis en place. C’est l’absolutisme du prince. Ignare en économie, la gauche s’est focalisée sur ce détail. Mais il y a beaucoup plus grave que la nomination d’un inspecteur des finances appartenant au sérail.

Les dettes du nouvel ensemble bancaire sont un danger mortel pour le Titanic. Rien que celles de la caisse d’épargne (633 milliards d’euros à la fin 2008) représentent plus d’un tiers du PIB de la France. Ce n’était pas une fusion qu’il fallait mener mais une scission de la caisse d’épargne pour faire diminuer le risque pesant sur le Titanic.

Une saine gestion du secteur bancaire voudrait qu’aucune dette d’une banque ne dépasse 10% du PIB.

On mène en France tout le contraire d’une gestion prudente. Pour votre information, sachez que la dette de la banque Paribas est de 2017 milliards d’euros alors que le PIB de la France est de 1792 milliards d’euros. Ses fonds propres ne s’élèvent qu’à 59 milliards d’euros. Comme toutes les grandes banques françaises, elle ne respecte pas le ratio défini par la Banque des Règlements Internationaux (actifs/passifs) qui est de 8%. Paribas a un ratio de 2.9%. Comme la Fed, elle s’approche dangereusement du seuil d’insolvabilité avec toutes les conséquences désastreuses que l’on peut imaginer alors que sa dette représente 112% du PIB de la France.

L’inverse de ce ratio µ (passif/actif) est de 34. Il représente l’effet de levier. Quand Richard Fuld, le directeur général de la Banque Lehman Brothers a témoigné devant la commission d’enquête du congrès américain, il s’est défendu d’avoir fait prendre trop de risques à sa banque. Je me souviens qu’il a donné un ratio µ de 30. C’était un peu mieux que celui de Paribas. Toutes les grandes banques américaines respectent ces ratios mais aucune grande banque française. Si le pire est peut être derrière en Amérique, il est devant nous en France.

NB : pour de plus amples informations sur les ratios des banques françaises et américaines, reportez-vous à l'excellent site de Jean-Pierre Chevalier

http://www.jpchevallier.com

jeudi 26 février 2009

La croissance est basée sur le travail et l’accumulation de capital et non pas sur l’accumulation de dette !



Le président tchèque Vaclav Klaus a sans doute une autre solution que le gouvernement français pour nous sortir de la crise.


“L’essence du keynésianisme est son incompétence à concevoir le rôle que l’épargne et l’accumulation de capital puissent jouer dans l’amélioration des conditions économiques. »

Ludwig von Mises

Aux yeux de Keynes et de ses innombrables disciples, l’activité économique commence et se termine par la consommation. Keynes, lui-même, écrivit dans sa théorie générale, page 129 dans la version anglaise de l’ouvrage : “la construction de pyramides, les tremblements de terre et même les guerres servent à accroître la richesse. »

Croyez-vous vraiment que nous serions plus riches après une guerre ?

Les Keynésiens donnent l’exemple de l’Allemagne et du Japon après la Seconde Guerre mondiale. Ils invoquent que cela aurait permis à ces deux nations de se doter d’usines ultra modernes qui firent concurrence à celles obsolètes de l’Amérique. En suivant le maître universel de la fabrique à crétins, les Alliés auraient donc fait une grande faveur aux puissances de l’Axe en bombardant leurs usines et leurs habitations ! En suivant ce raisonnement fallacieux, les guerres seraient bénéfiques aux nations qui en sortent ruinées, mais pas pour les économies des pays vainqueurs qui se retrouvent avec un appareil productif obsolète. C’est évidemment archi faux mais comme le disait l’excellent ministre allemand de la propagande, Joseph Goebbels, « les grandes masses absorbent mieux les énormes mensonges que les petits.»

A quoi est dû le redressement rapide des deux nations vaincues ?

A leur surplus de travail et d’épargne pendant une longue période. Durant les dix années d’après guerre, le taux d’épargne des ménages et des entreprises a été de 25% par an en moyenne. C’est cette épargne qui a permis l’accumulation du capital nécessaire à la reconstruction rapide de leurs usines. C’est le miracle accompli par ces deux nations dont l’appareil de production avait été détruit à 80% par les bombardements des Alliés. De l’autre côté du rideau de fer, les usines qui n’avaient pas été détruites, furent démontées et acheminées en Union soviétique. Plus grave, les régimes capitalistes furent remplacés par des régimes communistes qui instaurèrent la pénurie avec une massive planification de leur économie.

L’exemple du coup de pied dans la fourmilière

Certains d’entre vous se sont peut être amusé, un jour, à voir ce qui se passe. Dans un premier temps, les fourmis sont désemparées. C’est la phase de choc. Ensuite, elles errent dans tous les sens car leurs voies de communication ont été détruites. Après avoir retrouvé leur sens, elles évaluent les dommages occasionnés. C’est la deuxième phase d’analyse des besoins. Ensuite, il y a un accroissement phénoménal de leur activité pour compenser lesdites pertes au cours de la troisième phase. Les contremaîtres donnent les ordres aux ouvrières pour colmater telle entrée de la fourmilière pendant que d’autres réparent les voies de communication.

Cette loi de la nature se vérifie pour tous les peuples qui ont à souffrir d’un cataclysme. L’aide financière des pays étrangers ne sert pas à grand-chose si ce n’est à engraisser les potentats. Mieux vaut soigner les blessés dans des cliniques ambulantes et laisser aux populations locales le soin de reconstruire leurs habitations et leurs usines endommagées.

A l’issue d’une guerre, les besoins immenses induisent le plein emploi. Même les individus dont la productivité est faible, trouvent un emploi. John Maynard Keynes fit une brillante démonstration de sa théorie générale de l’emploi dans les toilettes d’un restaurant newyorkais en 1934. Il renversa la pile de serviettes soigneusement pliées et la piétina avec ses chaussures (taille 50) devant un économiste interloqué en lui disant que son geste était plus utile à l’économie que le sien. L’autre économiste qui ne devait pas être un Keynésien, s’était contenté d’utiliser une serviette et de la mettre dans la poubelle idoine. Confer mon article du 17 janvier 2009 intitulé « le vandalisme de Keynes à l’épreuve des faits. »

Les Keynésiens ne veulent voir qu’une partie de l’équation (la demande et le plein emploi) mais ils occultent la destruction énorme de capital physique et humain engendré par toute guerre.

Le système économique actuel ne fonctionne plus parce qu’il a perdu beaucoup trop de capital dans l’explosion nucléaire du 15 septembre 2008.

Environ 17 trillions de dollars se sont vaporisés depuis le déclenchement de cette explosion nucléaire sur le seul marché des actions. Ne parlons pas de l’immobilier dont l’estimation est plus difficile à cerner pour la simple raison que ce marché est moribond. Le nombre de transactions immobilières ne cesse de reculer. Les ménages qui le peuvent, sursoient à une opération et ceux qui ne peuvent honorer leur emprunt, sont contraints d’abandonner leur maison.

Face aux pertes énormes de leur patrimoine mobilier et immobilier, les ménages ont une réaction saine en voulant épargner davantage. Ils investissent cet argent dans des bons du trésor parce qu’ils constituent un refuge dans un marché volatile. C’est une saine précaution d’attendre la fin de la tempête avant de réinvestir son argent dans des entreprises. Ce faisant, ils n’aident pas à un redémarrage de l’économie car la vente des bons du Trésor permet à l’Etat providence de poursuivre sa politique keynésienne dispendieuse. L’Etat utilise cet argent frais pour relancer la consommation au détriment du remplacement du capital détruit par l’explosion nucléaire. Il ne fait que prolonger la crise en voulant sauver des emplois et des industries condamnées. Confer mon article du 22 février 2009.

Les banques ont perdu beaucoup de capital mais elles ne veulent toujours pas l’admettre. Malgré la parution de résultats trimestriels, on ne sait pas ce qu’elles cachent dans leur hors-bilan. Elles détiennent des collaterized debt obligations (C.D.O) Ce sont des titres dont la valeur est très basse aujourd’hui. Mais elles refusent de fournir le nombre qu’elles détiennent car cela dévoilerait leur très faible capitalisation et les contraindrait immanquablement à se placer sous la loi de la faillite. En même temps, elles nous demandent de renouveler notre confiance. Pour rétablir la confiance, il faudrait que l’on connaisse le vrai bilan des banques. C’est la quadrature du cercle. Plus vite on se débarrassera des canards boîteux, plus vite l'économie repartira !

Le capital disponible dans une économie détermine toujours sa capacité à produire des biens, des services et à employer, in fine, de la main d’œuvre.

Le capital est accumulé par l’épargne. Contrairement à l’idée fausse que s’en font toujours les Keynésiens, l’épargne n’est pas de l’argent thésaurisé. Elle sert à tous les niveaux du système capitaliste. L’épargne est la précondition aux vendeurs d’être capables d’acheter ces biens à des grossistes, aux grossistes de payer ces marchandises aux producteurs, et aux producteurs d’acheter les biens intermédiaires pour leur fabrication à des sous-traitants. L’épargne est aussi la précondition à tous ces vendeurs et producteurs de payer leurs salariés. De telles dépenses interviennent toujours avant de vendre un bien quelconque au public. Les Keynésiens croient que le commerçant ne fait que consommer ou thésauriser de l’argent. Si c’était le cas, il n’y aurait qu’une demande pour les biens de consommation. Nous avons vu que l’accumulation d’épargne sert à tous les niveaux : extraction de matières premières et production de biens intermédiaires.

La folie des politiques keynésiens

Rien n’est plus incroyable qu’au milieu d’une crise qui a détruit tant de capital, des politiques pensent qu’il est nécessaire de stimuler la demande au détriment de l’épargne qui a été détruite. Voilà le degré d’inculture économique qui règne dans certaines hautes sphères du pouvoir politique. On aurait pu penser qu’avec tant de pertes engendrées sur les marchés, certains suspecteraient le besoin de reconstituer au préalable cette épargne (en augmentant les taux d’intérêt directeurs des banques centrales) plutôt que de tout faire pour éviter son remplacement à travers de massifs plans de relance. Il faudra boire le calice jusqu’à la lie.

C’est finalement très bien que l’Amérique (malade d’une overdose de crédit) s’est choisie le docteur Knock. Plus vite seront votés les lois qu’il réclame, plus vite sera apportée la preuve de son incompétence à gouverner la première économie de la planète et plus vite sera démontrée l’invalidité de la théorie keynésienne !

Dans ce monde d’indigence intellectuelle, il y a néanmoins un motif de réconfort. L’Europe est présidée pour six mois par Vaclav Klaus. Ce professeur de finances ne cache pas ses sympathies pour Friedrich von Hayek et Milton Friedman. Il est un correspondant de l’institut Cato. On comprend qu’avec de tels maîtres à penser, il ait une si mauvaise réputation dans notre pays marxiste. Pas un article de fond n’a été consacré par la presse à ce personnage cultivé qui a sans doute des solutions différentes de celles de notre gouvernement keynésien pour nous sortir de la crise.

mardi 24 février 2009

Caledonia State Park



Rocky Mountain, Sunday, 14 September 2008

After a snack alongside Antietam Creek, I resume the trail. It cuts twice Old Forge Road. It is a pleasant afternoon of a late summer day. I don’t mind for the 90°F which were forecasted on Weather Channel. It seems my body needs that heat, like a snake, to endure colder days ahead. At the third crossing of the road, a signage indicates two shelters in the vicinity: Tumbling Run shelter and Hermitage Cabin. They are too close to bail out. I need to hike much more every day.

My goal is to reach Caledonia State Park, which is eleven miles away. The trail follows for a while Tumbling Run Creek. At the fork of the shelter of the same name, the trail veers straight up to Buzzard Peak at 1946 feet. I am thirsty. I couldn’t refill my bottle at polluted Antietam Creek. I follow signage to a spring. The campsite of Tumbling Run Shelter is very inviting. I resist the temptation to stop here. Spring is after the crossing of the creek. It is a real pleasure to drink the pristine water.

Back at the fork, I am challenged by a steep ascent. Contrary to the gentle grade alongside Pacific Crest Trail, the builders of Appalachian Trail envisioned a trail with as much as difficulties as possible. The result is awesome. My heart beats like madness. Staircases have been built to lessen erosion on the slopes of Buzzard Peak. They are a foot high. I adjust my footstep like a hurdler. There is no shade in that section. I sweat and breathe heavily. It is one of these moments where strong will is needed to accommodate the pain. I remember the crossing of Mojave Desert in California. On June 2nd, 2000, thermometer reached 115 °F (46°C). With that scorching day in mind, my pain of today is mild.

At the top of giant staircases, the slope flattens. The top is a wooded area. Then the trail follows the crest. Foliage has changed already at higher elevation. Leaves are golden. A gentle breeze gives me some respite. It’s time to accelerate the pace if I want to arrive before darkness. An hour later, the trail goes down to a valley. South Mountain is a mile away. I would like an ice cream and a soda but there is no certainty to find a grocery in that small community. So I just drink water before resuming another climb. This one is easy. The top is covered of giant rocks.

While taking a shot, a moving creature enters my frame. It is a beautiful blond girl. Stephany is a south bounder. She starts on June 23rd from Katahdin in Maine. She asks me the direction of Rocky Mountain Shelter. “You’re nearly there.” I don’t see a good reason to stop at that shelter deprived of water but I keep my concern for myself. She leaves me at a brisk pace.

A couple of hours later, I reach the dense traffic at Lincoln Highway. I am nearly there. Caledonia State Park is a huge prairie alongside Conococheague River. I cross many day hikers alongside the bank of the river. Families enjoy the last weekend of summer. Office is closed. It is advised to fill a form and to drop a twenty dollar note in the mailbox. I am confused by the order and concerned to find quickly a campsite before dark. Is there any shower inside the park? I have sweated so much this afternoon that I deserve one. There is no reason my wish might be fulfilled. At the end of summer, facilities in the park are closing quickly.

After a strenuous climb on a paved road, I find a shower. There is just a lady camping nearby. When cleaned again, I hurry up to set up my tent. In the darkness I manage to fix it.
“Do you like beans?” asked a feminine voice nearby.
“Is it an invitation?”
“Yes, of course, you are welcomed to eat the beans from my garden.”
“So nice of you, I’ll be ready in five minutes”, I said while swatting mosquitoes.

Lisa is a nurse in Maryland. She is in her late forties. She is divorced. She has two grown up girls. The youngest is entering University. So Lisa will be alone very soon. Lisa is in vacation. She likes camping. She has all the gears needed for outdoors events. She lights two candles with repellent. Mosquitoes are buzzing around my ears. I put a net on my face while helping Lisa to cook. She has two stoves. I offer her my pittance. “Keep it” she said while refraining from a laugh. “You'll eat better tonight.” Indeed, Lisa is happy to share with someone her meal. Two lonely souls have plenty of time to talk.

While watching Lisa cooking delicious tomatoes, I notice the coming of a police car. It is moving slowly like a hunting animal. “Am I his prey?” I didn’t fulfill the form. Lisa notices my anxiety. She acts as a spouse to divert the attention of the sheriff who has lowered the glass of the window. I see his glaring eyes in the dark. Will he figure out we are not a couple? Then, without any word, he leaves us. I breathe again.

Lisa is polite enough not to ask any question. She begs me to open a bottle of red wine with a corkscrew. She knows how to relax the atmosphere. After two glasses of wine, we chat like old friends. She talks about her hospital in Maryland, of her two daughters and of her past vacations. Mosquitoes are gone with the help of repellent. We hear the hoot of an owl. I yawn.

It is time to go to bed. I thank Lisa for her wonderful diner and company. I bid her farewell as I know I will be gone when she wakes up tomorrow morning. Inside the tent I chase two mosquitoes in the glaring light of the full moon. It is too warm to sleep inside the bevy tonight.

dimanche 22 février 2009

La démonstration par l’absurde que la théorie keynésienne est la plus grande escroquerie intellectuelle après le marxisme



« Ceux qui ne peuvent pas se rappeler le passé, sont condamnés à le répéter.» Disait le philosophe George Santayana (1863-1952)

Le président voudrait que les usines de montage de l’industrie automobile ne débauchent pas alors que la demande s’effondre. Si l’on suit son injonction, le parking de Renault va rapidement être plein puisque les commandes se font au compte-gouttes.

Poursuivons jusqu’au bout la logique keynésienne pour qui la demande est la quintessence.

Parmi les chaînes de montage, celle du modèle Laguna est la plus touchée par la crise. Ce modèle haut de gamme de 25.000 € ne se vend plus. Que faire ? Le secrétaire général de l’Elysée suggère au président de la République de subventionner l’achat de Lagunas par les Français. (Dans ce scenario, la commission européenne est écartée) Le gouvernement se substitue à la direction défaillante de Renault qui n’a pas réussi à vendre son modèle haut de gamme aux Français. Il propose donc de construire un peu partout en France des usines de montage de la Laguna et de les vendre à moitié prix (12.500 €) Dans un premier temps, les ménages, n’en croyant pas leurs yeux, se précipitent pour en acheter une. Même les classes moyennes ne résistent pas à la tentation.

Une année plus tard, les ventes de la Laguna périclitent. Que faire ? Les énarques au cabinet du ministère de l’industrie suggèrent de baisser encore de moitié le prix de la Laguna. A 6.250 €, les classes populaires ouvrent leur portemonnaie et se précipitent, à leur tour, pour en acheter une. L’économie du pays est de plus en plus dépendante de la production de ce modèle. Qu’importe! Renault a doublé ses effectifs depuis qu’elle a été efficacement reprise en main par des technocrates. Même si l’endettement de la France a sérieusement augmenté, les Keynésiens se réjouissent du plein emploi dans l’industrie. Renault fait vivre à présent plus d’un million d’individus qui travaillent chez des équipementiers.

Deux ans plus tard, les ventes de la Laguna connaissent à nouveau un trou d’air. Les Français saturent. On s’inquiète dans les cabinets ministériels et les officines keynésiennes. Que faire des cinq cent mille ouvriers des chaînes de montage menacés de chômage technique ? Le facteur Besancenot est entré au gouvernement. (Inquiet pour sa réélection, le président de la République a réalisé qu’il valait mieux l’avoir dans son équipe qui ressemble de plus en plus au radeau de la Méduse) En charge du dossier, le facteur propose, à son tour, de baisser de moitié le prix de la Laguna. A 3.125 €, le modèle attire une nouvelle clientèle : tous les bénéficiaires de l’Etat providence. Les ventes explosent ! Même les classes moyennes en achètent un deuxième exemplaire pour leurs enfants étudiants.

Trois ans plus tard, même phénomène, les ventes connaissent un plateau avant de décliner. Que faire ? Les énarques s’inquiètent mais ils sont débordés à gauche par le facteur Besancenot qui a pris goût au pouvoir. Il décide de baisser encore de moitié le prix de la Laguna. A 1562.5 €, il y a une brève reprise des ventes. Les ménages aisés ne peuvent plus les mettre dans leur garage. Les Lagunas des enfants étudiants s’entassent sur les pelouses. On assiste à quelques débordements. Des enfants de riches ménages se livrent au jeu des voitures tamponneuses. Ce n’est après tout que de la tôle froissée. Avec un prix si bas pourquoi se priver de ce plaisir ? En revanche, on s’alarme à Bercy. L’endettement de la France a atteint un seuil critique.

Quatre ans plus tard, la fausse droite a été balayée par la vraie gauche aux élections. Il n’est pas question d’arrêter les chaînes de montage de la Laguna. Le prix est encore divisé par deux. A 781.25 €, elle attire une nouvelle catégorie: les immigrés clandestins. Avec la démagogie qui bat son plein, on délivre gratuitement et sans examen des permis de conduire pour leur permettre d’aller travailler au noir. De spectaculaires accidents de la circulation émaillent parfois l’actualité mais les ventes de la Laguna sont en chute libre. Même quand le facteur Besancenot leur offre une voiture gratuite s’ils en achètent une nouvelle, les Français regimbent. La partie est finie. Les usines ferment. Les syndicats sont révoltés contre le gouvernement anticapitaliste qui les a trahis. L’Etat est en faillite. L’agence de notation Standard & Poor ‘s a abaissé sa dette à B- . Les ménages ne peuvent plus faire un plein d’essence. Les Lagunas rouillent dans les jardins. L’utopie keynésienne a vécu en France.

C’est le même scénario en pire avec la crise des subprimes

Supposons qu’un gouvernement d’obédience keynésienne de l’autre côté de l’Atlantique décide que la richesse de la nation dépende de la facilité d’accès au crédit accordée aux ménages des tranches inférieures de l’impôt sur le revenu. Pour réaliser cet objectif, il va se doter de structures idoines : Fed (banque centrale), Fannie Mae, Freddie Mac, Federal Home Loan Banks, etc, etc… Toutes ces structures sont évidemment des monopoles publics qui se portent garants en dernier ressort de la chaîne du crédit : la Fed pour les banques d’investissement, Fannie Mae pour les prêts hypothécaires à haut risque accordés à des ménages insolvables, F.D.I.C pour la garantie des dépôts des particuliers. Dans ce schéma, l’aléa moral disparaît. Il n’y a plus de fusible pour arrêter la spéculation.

Pour le plus grand plaisir de certains, les banques abaissent les collatéraux exigés pour l’acquisition d’une maison et offrent, à une clientèle ciblée selon des critères de discrimination positive pour faire plaisir à l’idéologie du moment du « politiquement correct », des prêts à un taux inférieur à celui du marché. Bien entendu, les ménages concernés se précipitent à la banque pour faire une demande de prêt.

Un an plus tard, la construction de maisons connaît un plateau. Les syndicats de maçons s’inquiètent, mais aussi le patronat, les agences immobilières et les banquiers qui ont misé sur la hausse de l’immobilier à travers des outils financiers sophistiqués mis au point par des mathématiciens. Personne au conseil d’administration de la banque ne comprend leur fonctionnement et personne ne sait évaluer les risques qu’ils représentent. Ce n’est pas grave puisque la banque a enregistré un profit record au dernier trimestre avec l’effet de levier.

Il faut donc encourager la construction immobilière. Le gouverneur de la Fed s’exécute. Il abaisse les taux d’intérêt pour que d’autres catégories de ménages entrent sur le marché immobilier. A un taux de 3 % des ménages riches se font construire une résidence secondaire au bord de la mer. A 2%, les classes moyennes veulent les imiter. Elles n’ont pas les moyens de s’acheter une résidence secondaire mais elles peuvent se permettre avec l’argent que déverse tous les jours les hélicoptères de la Fed, de se faire construire une piscine dans leur jardin.

Deux ans plus tard, la construction connaît à nouveau un plateau. Des politiciens au Congrès s’inquiètent de perdre leur siège si la conjoncture s’aggrave. Il faut donner un coup de pouce. Le crédit est abaissé à 1%. Les ménages se ruent vers les banques. On assiste, un peu partout dans le pays, à des scènes pitoyables. Une guichetière, à l’ouverture de la banque Wachovia à Chicago, est morte piétinée par des clients. C’est la panique devant Bank of America à Los Angeles. Une équipe de télévision, présente sur les lieux, filme des clients qui s’étripent entre eux pour être le premier servi au guichet. Des femmes hurlent. Finalement, la police arrive. Des coups de feu sont tirés. Les policiers battent en retraite. Le gouverneur de Californie décide de faire appel à la garde nationale pour rétablir l’ordre.
Le lendemain, dès l’ouverture de la séance à Wall Street, l’action Bank of America gagne 7%. Quand il y a du sang, les requins deviennent fous. Bank of America tire tout le marché à la hausse. Ce sera une très bonne année en bourse. L’indice Dow Jones dépasse, pour la première fois, la barre des 14.000 points.

Trois ans plus tard, les ménages américains ont, en moyenne, cinq cartes de crédit. Une pour chaque jour de la semaine. Le lundi, avec la carte de Washington Mutual, on fait un plein de canettes de bières chez Wall Mart pour regarder la télévision pendant la semaine. Le mardi, on fait le plein d’essence du Hummvee (140 litres) avec la carte Mastercard, le mercredi on se repose avec les enfants à la maison, le jeudi soir on dîne en ville avec madame et on paie avec la carte American Express qui permet un étalement dans le temps des remboursements, le vendredi, après le bureau, on va siroter quelques bières dans un pub, flirter avec des collègues de bureau et on paie avec Visa. Enfin, samedi, c’est le jour de shopping en famille et on utilise la carte de madame pour payer.

Pour une raison inexpliquée, les ménages n’augmentent plus leurs dépenses. Le président décide d’accorder des ristournes d’impôt et le gouverneur de la Fed abaisse le taux directeur à 0%. Des immigrés clandestins se ruent pour acheter des fusils à pompe chez les armuriers. Les ventes d’armes à feu prennent temporairement le relais d’autres formes de consommation. Puis, sans raison apparente, l’économie s’effondre comme un château de cartes.

Bank of America qui a connu, deux années auparavant, une émeute, est à présent vide. Il n’y a plus de clients aux guichets. Les vigiles sont les premiers licenciés, puis les guichetiers, ensuite les gens du back office. Il se murmure que la banque a été empoisonnée. Elle n’a pas digéré l’absorption de Merril Lynch. Des docteurs appelés à son chevet disent qu’elle va bientôt mourir. Le titre qui cotait 50$ en 2007, ne vaut plus que 3.79 $ à la séance du vendredi 20 février 2009. Il n’y a pas de ruée pour retirer son argent comme cela s’est produit, mainte fois, pendant la Grande Dépression. Les clients n’ont pas d’argent ; ils n’ont que des dettes.

L’Amérique a une overdose de crédit. Lors des élections, on assiste à un raz-de-marée démocrate, une chose que l’on n’a pas vue depuis soixante-seize ans avec l’élection de Franklin Delano Roosevelt. L’utopie keynésienne bat son plein. Le Trésor a dû recruter du personnel de nuit pour faire tourner la planche à billet. Même les équipages d’hélicoptères de la Fed sont exténués. On a dû réorganiser les tournées pour faire face au défi. Pensez à ces huit cent milliards de dollars qu’ils doivent arroser à travers tout le pays !

Des étrangers s’inquiètent de la dégradation du budget américain : un déficit de 10% pour l’année en cours. Ils sont sermonnés par le grand argentier qui leur dit qu’il n’y a rien d’autre à faire pour relancer la locomotive américaine. Sans elle, le train s’arrête. « Soyez content que l’on vous achète encore des produits. Nous ne sommes pas protectionnistes. Regardez nous continuons à boire de la Budweiser qui a été rachetée par des Hollandais.»

Le nouveau président n’arrive pas à réamorcer la pompe keynésienne. Les banques continuent à faire faillite, les ménages réduisent drastiquement leurs dépenses, le chômage explose et les rentrées fiscales sont en chute libre. Des Etats sont en faillite. Comment payer demain les vint mille fonctionnaires ? Se demande le gouverneur de la Californie Arnold Schwarzenegger.

De Charybde en Scylla

Dans les deux scenarii évoqués ci-dessus, l’issue est toujours la même : c’est la faillite du modèle keynésien basé sur l’emprunt. Mais les conséquences ne sont pas les mêmes. L’idée d’encourager les ménages à s’endetter à travers des cartes de crédit et des emprunts hypothécaires est autrement plus dangereuse que celle de les pousser à acheter des Lagunas. Dans le deuxième scénario, tout le monde est perdant : les créditeurs et les emprunteurs. Dans le premier cas, les ménages se retrouvent avec des voitures dans leur jardin mais ils ont conservé leur maison. C’est un inconvénient moindre que de n’avoir plus de toit lorsque le banquier donne son feu vert au shérif pour ordonner l’évacuation de la maison que vous n’êtes plus capable de lui rembourser.

Le crédit doit être organisé dans un marché libre (non pas administré par l’Etat) et dans ce cas il sera presque toujours offert intelligemment, en priorité aux producteurs et non pas aux consommateurs. Cela évite que de mauvais investissements soient réalisés. Les technocrates prennent de grands risques avec l’argent des contribuables; ce que ne font pas les investisseurs privés avec leur propre argent. C’est inhérent à la nature humaine. On n'est jamais aussi prudent que lorsque cet argent vous appartient. Si on obligeait les énarques à hypothéquer leur maison dans les entreprises risquées auxquelles ils se livrent impunément avec l'argent des contribuables, on serait sans doute débarrassé définitivement de cette caste.

Les Keynésiens se sont fait l’apôtre du crédit facile. Le marxisme fut la plus grande escroquerie intellectuelle du dix-neuvième siècle, le keynésianisme du vingtième siècle. Ne serait-il pas temps de revenir à plus de sagesse avant l’effondrement programmé de plusieurs Etats à travers le monde ? La réponse de Keynes à ses détracteurs était toujours la même : «Dans cent ans nous serons tous morts. » Cette déconsidération de l’avenir est grave pour les générations qui vont hériter d’une dette colossale. Il faut revenir aux fondamentaux de l’économie classique anglaise et de l’école autrichienne. Mais pour cela, il faudrait d’autres élites que celles que nous avons en France. C’est bien là tout le problème…

samedi 21 février 2009

La descente aux enfers



« Les grandes masses absorbent mieux les énormes mensonges que les petits» disait Joseph Goebbels (1897-1945), le ministre de la propagande du régime national socialiste allemand.


L’analyse graphique livre plus d’indications sur la crise financière que les annonces des politiques.

Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) qui a clôturé la semaine dernière à 7896 points, a poursuivi sa dégringolade. Il termine cette semaine à 7365 points. Cela représente une baisse conséquente de 6 %. Depuis le vote par le congrès américain du plan de relance d’Obama, l’indice vedette de Wall Street a perdu 10%. Plus grave, il a cassé son support à 7383 points qui avait été établi le 27 mai 1997. Douze années de capitalisation ont d’ores et déjà été perdues dans les limbes des supbrimes. Depuis le zénith du 9 octobre 2007 à 14164 points, l’indice vedette a perdu 48% de sa valeur. Difficile de faire pire…

Sur un plan chartiste, le déroulement de la crise actuelle ressemble à celle de 1929. En avril 1930, l’indice Dow Jones avait rebondi à 294 points après le krach d’octobre 1929 (230 points). Puis il avait commencé sa longue descente aux enfers. Le nadir ne fut touché que le 8 juillet 1932 lorsque l’indice clôtura à 43 points. Par rapport au pic du marché atteint le 3 septembre 1929, cela représentait une perte colossale de 89 %. Si nous n’en sommes pas encore là, il y a néanmoins tout lieu de s’alarmer. Alors qu’il avait fallu attendre 34 mois pour que l’indice perde 89% de sa valeur, il a d’ores et déjà perdu 48 % de sa valeur en l’espace de 16 mois seulement. En lissant la courbe, cela représente une baisse mensuelle moyenne de 3% qui est en tout point comparable à celle de la grande dépression. La prochaine ligne de support pour le Dow & Jones est à 6400 points ; c’est une vieille ligne établie en avril 1997.

Après l’élection d’Obama, j’anticipai un rebond du marché (deat cat bounce = le rebond de l’animal blessé à mort) avec l’annonce de son plan de relance keynésien. Il ne s’est pas produit pour les raisons suivantes.

La très forte défiance du marché à l’égard des politiques

Le marché ne ferait-il pas confiance à la signature du plan de relance par le président Obama à Denver dans le Colorado ? C’est évident mais un autre souci hante les actionnaires : la proposition faite par le Maetro d’une nationalisation des grandes banques américaines. Dans un entretien accordé, le 18 février, au Financial Times, Alan Greenspan, l’ancien gouverneur de la Fed, a déclaré : «Il est peut être nécessaire de nationaliser temporairement quelques banques pour faciliter une restructuration rapide et ordonnée. Je comprends qu’une fois par siècle, c’est ce que vous faîtes. » Il a expliqué pourquoi c’est devenu nécessaire : « Une nationalisation temporaire permettrait au gouvernement de transférer des produits toxiques d'une mauvaise banque sans avoir le problème de leur évaluation. » En clair, les produits toxiques ne trouvent plus preneurs ; leur valeur est quasi nulle sur le marché. Pour relancer le crédit interbancaire qui est la clé de voûte du système, il n’y aurait donc pas d’autre solution qu’une nationalisation partielle et temporaire des grandes banques américaines qui sont les plus intoxiquées. Cela fait référence implicitement à la chaîne alimentaire. La concentration de mercure (subprime) augmente avec la taille du poisson (requin de la finance).

La déclaration du Maestro dont la crédibilité a été passablement écornée par la crise, serait passée inaperçue si elle n’était elle-même une caution apportée au grand architecte de la dérégulation bancaire des années quatre-vingt dix. Lindsey Graham, le sénateur de la Caroline du Sud, a déclaré à ce même journal : « Nous ne pouvons continuer à verser de la bonne monnaie après de la mauvaise monnaie. Si la nationalisation est ce qui marche, alors nous devons la faire. »

Il ne fallait pas être un grand clerc pour envisager l’inéluctable. Dans un article du 24 novembre 2008 intitulé « Deux Poids, Deux Mesures», j’écrivai : « A terme, le secteur bancaire américain sera entièrement nationalisé car il ne peut se sauver lui-même. La facture laissée au contribuable américain sera, sans commune mesure, avec celle de 150 milliards de dollars après la faillite des Savings & Loan dans les années 90. » Vous pouvez vérifier mes dires sur le site de Claude Reichman qu’il a repris sous le titre « Ceux qu’on sauve, ceux qu’on ne veut pas sauver… »

L’aveuglement de l’administration et de la Fed

Les Keynésiens ne s’intéressent qu’aux hélicoptères déversant des dollars sur l’économie (helicopter drop) et à la fabrication d’échelles de pompiers encore plus hautes et plus performantes pour éteindre l’incendie à Wall Street. Ils vont donc continuer à déverser des milliards de dollars pour réamorcer la pompe.

Mais ils n’y parviendront pas. Foi d’un illuminé de l’école autrichienne? Pas si sûr. Paul Krugman, le gourou des Keynésiens, est à ton son tour pris de doute. Voici ce qu’il écrit dans son papier du 20 février 2009 : « Maintenant, nous sommes en plein dans une crise qui a une troublante et étrange ressemblance avec le déclenchement de la grande dépression. Les taux intérêts sont presque à zéro et l’économie continue de plonger. Comment et quand cela se terminera-t-il ? »

Au risque de me répéter, les plans de relance keynésiens ne font que prolonger la dépression. La purge à laquelle nous assistons, est une réaction saine du marché. L’excès d’endettement a conduit à de mauvais investissements comme les piscines de particuliers en Californie. Confer mon article du 29 décembre 2008 intitulé « des millions de piscines converties en patinoires par la faute des Keynésiens.» Il faut attendre tout simplement que l’épargne des ménages et des entreprises se reconstitue (lentement à la différence de l’économie de l’endettement) et que la confiance revienne sur les marchés. Mais le calendrier électoral est beaucoup plus court que la période nécessaire de redressement ; d’où l’activisme forcené des Keynésiens…

La faillite du système actuel tient à la disparition de l’aléa moral.

Bernanke et Paulson ont voulu le restaurer, avec le succès que l’on connaît, lorsqu’ils ont voulu faire un exemple avec la banque d’investissement Lehman Brothers. Alexis de Tocqueville disait : «Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. »

Sur l’excellent site de Jean-Pierre Chevalier, j’ai découvert avec effarement que le total des dettes de la banque Paribas s’élève à 2017 milliards d’euros à la fin de l’année 2008 et que ses fonds propres ne sont que de 59 milliards d’euros. Cela donne un ratio de seulement 2.9%, qui est très inférieur à la norme de 8% imposée par la Banque des Règlements Internationaux (ratio Cooke). Comme la Fed, la banque Paribas se rapproche dangereusement du seuil d’insolvabilité. A titre de comparaison, la dette publique de l’Etat français est de 1323 milliards d’euros. Nous sommes donc à la merci d’une banqueroute de cette banque ou d’une autre qui a défrayé la chronique. La Société Générale n’ose même plus publier ses ratios. Lire l’article de Chevalier intitulé « Les mécanos de la Générale Potemkine.»

La solution autrichienne

Pour les tenants de l’école autrichienne, il faudrait abolir les banques centrales qui ne font qu’accentuer la formation de bulles toujours plus grosses, supprimer le système fractionnel de réserves et revenir à un ratio de 100% des fonds propres des banques commerciales (celles qui gèrent les dépôts des particuliers). En revanche, il ne faudrait pas imposer cette rigueur aux banques d’investissement. Il est normal qu’elles continuent à bénéficier d’un effet de levier dans le cadre de leurs activités à haut risque. Le ratio Cooke de 8% ne devrait s’appliquer qu’aux banques d’investissement.

La responsabilité particulière des Européens dans la crise actuelle

Mais voilà, il n’y a plus de banques d’investissement à travers le monde, à l’exception de Nomura au Japon. On a fait sauter le fusible du Glass Steagall Act en Amérique à la fin de la présidence Clinton. Et il n’y en a jamais eu en Europe pour nous prémunir de ce danger mortel. A la place, nous avons un démagogue qui s’est empressé de désigner à la vindicte publique un bouc-émissaire : « le laissez-faire du marché. » C’est plutôt le «laissez-faire » des politiques européens qui est à l’origine de la crise actuelle.
Lorsque les gorilles européens (Deutsche Bank, UBS, Paribas et consorts) sont venus dans la cage des chimpanzés de Wall Street, ces derniers ont paniqué. Le congrès américain s’est empressé de leur venir en aide en faisant sauter le fusible du Glass & Steagall Act.

Voici ce que j’écrivai, le 15 novembre dernier, dans un article prescient intitulé Restaurer le Glass Steagall Act. « C'est pour faire face à la concurrence internationale que le Glass-Steagall Act a été abrogé aux États-Unis. Dans cette compétition biaisée entre banques commerciales et banques d'investissement, l'avantage a tourné aux premières qui bénéficient des fonds propres de leurs déposants. Les banques d'investissement comme Bear Stearns, Lehman Brothers et Merryl Lynch ont accru le levier et pris de gros risques. Pour un dollar de fonds propres, elles avaient plus de trente dollars investis dans des opérations à haut risque. Il ne reste plus aujourd'hui qu'une seule banque d'investissement dans le monde : Nomura au Japon. »

Les déposants de la Société Générale et de Paribas devraient se faire du souci. Contrairement en Amérique, il n’existe pas en France de FDIC (Federal Deposit Insurance Company) pour garantir leurs dépôts à hauteur de 100.000 $ en cas de faillite de leur banque.

dimanche 15 février 2009

Pour l'installation d'une horloge électronique affichant la dette en temps réel de l'État français sur les Champs Elysées


"Sur l'écran apparaissent maintenant les images des cérémonies d'indépendance des anciens DOM-TOM. En Nouvelle-Calédonie, en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion, après de graves émeutes et un exode précipité des fonctionnaires métropolitains sous la protection de l'armée, les partis indépendantistes, qui dirigeaient déjà ces collectivités, avaient dû, volens nolens, suivre leur base exaltée et quitter le navire d'une France qui ne pouvait plus les entretenir. Ils allaient s'enfoncer dans le sous-développement et la dictature. Mais qu'y faire ? Fin 2013, des référendums avaient été organisés sous l'égide de l'ONU. Début 2104, le drapeau français était abaissé pour la dernière fois sur ces confettis de l'empire. Seules Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon restaient dans la République."

Tel est le scénario envisagé par Philippe Riès et le regretté Philippe Jaffré dans leur excellent livre intitulé "Le jour où la France a fait faillite" et publié en 2006 par Grasset. Vous trouverez cet extrait aux pages 355 et 366 de leur livre qui n'a pas connu un grand succès. L'impréparation des esprits était trop grande pour qu'il en allât autrement. On le voit avec le succès des manifestations des professeurs réclamant toujours plus d'argent et de moyens à un État exsangue.

Depuis 1995, l'année où le gouvernement a reculé devant les grévistes cheminots, il était évident que notre nation allait sombrer, un jour, dans le chaos et l'anarchie. Il n'y a pas un homme d'État pour sauver le Titanic. Au risque de me répéter, mais il faut marteler quelques idées simples pour faire passer un message, un homme d'État se préoccupe de l'avenir de son pays, un politicien de sa carrière.

La seule inconnue qui demeure est le déroulement des évènements. Serons-nous les spectateurs et les victimes impuissantes d'un scénario libanais (guerre civile), argentin (faillite de l'État) ou des deux simultanément ? A mon humble avis, la France va sombrer dans le chaos (guerre civile larvée) lorsque l'État ne pourra plus acheter la paix sociale dans les banlieues et les confetti de l'empire. La grève en Guadeloupe est un signe avant-coureur qui ne trompe pas. Les caisses de l'État sont vides. Il n'y a plus d'argent à distribuer.

L'État providence est confronté à un choix cornélien : soit il continue à taxer davantage les forces vives de la nation pour satisfaire les revendications sociales (difficile en période de crise), soit il se renie et admet qu'il faut instaurer une longue période de rigueur pour écarter la faillite de l'Etat. Il a toujours refusé de se prononcer. L'élite technocratique a toujours crû trouver un expédient pour nous sortir d'affaire. C'est la grande cavalerie mise en place par les inspecteurs des finances à Bercy. Mais cela fait trop d'années que l'on rafistole les voies d'eau dans la cale du Titanic pour éviter un naufrage alors que la tempête fait rage. Cela nous ramène invariablement à la théorie des mauvais investissements de l'école autrichienne.

S'il y avait un capitaine à bord du Titanic, il se délesterait rapidement des objets encombrants (la privatisation de tous les services publics à l'exception de son pré carré régalien) pour faire remonter la ligne de flottaison de son navire. Nul ne peut prévoir l'avenir mais il est à craindre qu'une grosse lame déferlante passera un jour sur le pont. Jusqu'à présent, les mesures annoncées par le gouvernement se limitent à changer de place les transats sur le pont. On pourrait en rire si notre survie physique (guerre civile) et matérielle (banqueroute de l'Etat) n'était en jeu dans les graves évènements qui se préparent. Nous sommes dans le même cercle vicieux qu'en 1930 : déflation, recul de la production, montée inexorable du chômage, protectionnisme et l'envolée des partis anticapitalistes.

Contrairement à beaucoup de politiciens qui ne s'intéressent qu'à leurs maîtresses et aux attributs du pouvoir (voiture de fonction, appartement luxueux, invitation sur les plateaux de télévision, voyage en première classe sur Air France), je n'ai de cesse, de mon côté, que de sauver mon pays de la guerre civile et de la banqueroute. De mon expérience new-yorkaise, je propose l'installation d'un panneau électronique affichant la dette en temps réel de l'État français sur les Champs Elysées. Ce serait le meilleur moyen de sensibiliser le public.

Cette expérience fut réalisée en 1989 par Seymour Durst, un patron de l'immobilier newyorkais qui s'inquiétait de l'endettement de son pays. Il fit installer, à ses frais, l'horloge électronique sur la sixième avenue à la hauteur de la quarante-deuxième rue, juste en face de Bryant Park pour ceux qui connaissent New York. Le panneau indique la dette nationale et pour ceux qui cela laisserait indifférent, la dette que cela représente pour chaque famille américaine. Quand Seymour l'installa, la dette américaine était de trois trillions de dollars, elle a dépassé dix trillions de dollars en 2008. Elle fut malheureusement enlevée entre 2000 et 2002 lorsque la dette régressa. Seymour décéda en 1995. Son fils Douglas a repris le flambeau. Le panneau a été réinstallé en 2002. Il a fallu le changer en 2008 pour faire apparaître un nouveau digit lorsque la dette a dépassé le seuil critique des dix trillions de dollars. Mais il aurait fallu installer des panneaux dans toutes les grandes villes américaines et plus particulièrement en face du Capitole. L'ancien locataire de la Maison Blanche a réussi l'exploit de faire doubler la dette : de 5 trillions de dollars à 10 trillions de dollars.

Il faudra trouver l'argent et solliciter l'autorisation du maire Bertrand Delanoe. La mairie donne beaucoup d'argent à des associations dont l'existence même est sujette à caution. Pourquoi ne pas approcher le maire sur un sujet aussi vital pour l'avenir de notre nation ? Je proposerai donc le lancement d'un collectif lors de la réunion du 27 février de notre mouvement "La révolution bleue" au café Le François Coppée.

samedi 14 février 2009

Les lendemains ne seront pas ceux que croit la majorité paresseuse




"Une banque ne vous prêtera de l'argent que si vous êtes capable de lui prouver que vous n'en avez pas besoin" disait l'excellent humoriste Bob Hope (1903-2003)

La semaine a été marquée par deux (non) événements : l'annonce, le 10 février, d'un plan massif de deux trillions de dollars pour la stabilité financière par le secrétaire au Trésor Timothy Geithner et le vote, sans surprise le 13 février, par le sénat américain du plan de relance keynésien de 780 milliards de dollars concocté par le conseil économique de la Maison Blanche.

La baisse concomitante des bourses

Dans les minutes qui ont suivi le discours du secrétaire au Trésor, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average (DJIA) a dégringolé. L'indice qui avait commencé la semaine à 8235 points, l'a clôturé à 7896 : cela représente une perte sèche de 4%. C'est un vote de défiance du marché à l'encontre de la nationalisation rampante du secteur bancaire.

En France, une autre nouvelle a provoqué son lot de mécontentement. Les bénéfices des quarante sociétés de l'indice vedette de la place de Paris CAC 40 (cotation assistée en continue) se sont élevés à 54 milliards d'euros pour l'année 2008. Ne parlons même pas du profit record de Total. Aussi réjouissante que soit la nouvelle pour l'avenir de nos entreprises (les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'après-demain selon l'adage du chancelier Willy Brandt qui est un social-démocrate) elle a été accueillie comme une indécence par la presse. Eut-il été meilleur pour calmer les esprits qu'elles affichent une perte égale ? On se perd en conjecture pour cette nation affligée de la jalousie inhérente au socialisme. Ces entreprises ont réussi cette prouesse malgré les entraves du Minotaure. Faut-il rappeler qu'une entreprise publique comme la SNCF enregistre une perte abyssale ? La presse a le culot de raconter que cette entreprise réalise des profits alors qu'elle reçoit une dotation annuelle de dix milliards d'euros ! L'économie mixte ne survit que dans le mensonge.

Ces réactions épidermiques traduisent un profond malaise à l'égard des initiatives des gouvernements

Le plan de stabilisation financière est une autre grande échelle pour éteindre l'incendie qui fait rage. Alors que la Fed approche du seuil d'insolvabilité (confer mon article du 6 février 2009), le Trésor prend le relais. Ce plan comporte deux volets.

Le nouveau plan de sauvetage s'adresse uniquement aux banques ayant plus de 100 milliards de dollars d'actifs.

Comme les caisses de l'Etat américain sont aussi vides que les nôtres, il est prévu un fonds mixte de capitaux publics et privés. Initialement doté de 500 milliards de dollars, ce fonds pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars. Sous le nom de "capital assistance programm", il s'agit encore de ressusciter le marché interbancaire. Les banques échangeront leurs produits toxiques contre des actions convertibles du Trésor américain. Après avoir accepté ce troc dans la première phase de la crise en octobre, Henry Paulson y avait renoncé, deux mois plus tard, en raison de la marée inexorable de ces produits toxiques qui menaçait d'engloutir les 700 milliards de dollars que lui avait accordé le congrès. Il a préféré geler 350 milliards de dollars du plan portant son nom et laissé cet argent disponible à son successeur. La cigale n'a pas eu cette sagesse. Elle croit pouvoir sauver le système bancaire américain. Pourquoi ce qui n'était pas possible hier, le serait aujourd'hui ? Le marché a salué la nouvelle comme il se doit.

Un prêt colossal d'un trillion de dollars en faveur des ménages surendettés

Il s'agit de la grande lance des pompiers de la Fed (Term Asset-Backed Securities Loan) qui va être allongée avec l'aide du Trésor. Sa capacité d'arrosage va passer de 200 milliards de dollars à un trillion de dollars. Les bénéficiaires seront très nombreux. Il s'agit, sous une apparence généreuse, de sauver l'industrie automobile américaine à travers une aide ciblée des cartes de crédit. Les ménages surendettés vont pouvoir s'endetter davantage à condition qu'ils achètent des automobiles "made in Detroit." Qu'est-ce qui va changer avec l'administration Obama ? Sous l'ère Bush, le drogué du surendettement pouvait s'approvisionner où bon lui semblait, maintenant il ne pourra le faire que si l'herbe provient du terroir. Cela pourrait se résumer par la formule suivante : "Continuons à vivre au-dessus de nos moyens à condition que cela profite à nos entreprises !"

A la fin de son discours, Geithner s'est plu à rajouter que l'administration va déployer, la semaine prochaine, une autre grande échelle en faveur des petites entreprises et des banques régionales. Fallait-il en rajouter ? Les Keynésiens ne vivent que dans l'illusion dangereuse que pour sortir de la crise de l'endettement, il faudrait s'endetter davantage.

Le marché obligataire sera le juge de paix en 2009

Quelles que soient les velléités des Keynésiens, c'est le marché obligataire qui aura le dernier mot. Pour honorer l'intérêt de sa dette, le Trésor américain a payé 451 milliards de dollars en 2008. Certains pensent qu'une dette n'est pas un handicap tant qu'un État est capable de l'honorer. Ainsi en est-il du Japon dont la dette publique représente 140% de son Produit National Brut (PNB). Pour mémoire, la dette publique américaine ne représente que 74% de son PNB.

Dans son rapport du troisième trimestre de 2008, la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I) a publié des statistiques inquiétantes. Alors qu'il y a eu pour un montant net de 1086 milliards de dollars de dettes émises par les États à travers le monde au cours du second trimestre 2008, il n'y en a eu plus que pour 247 milliards de dollars au troisième trimestre alors que la crise ne s'est emballée qu'à partir du 15 septembre. Cette contraction est sans précédent. On imagine sans peine que le pire est devant nous.

L'effondrement prévisible de l'euro n'augure pas des jours heureux en Europe

Les communistes ont toujours rêvé d'un effondrement du monde capitaliste. Les Besancenot et consorts pensent que ce jour est imminent. Ils ont raison sur un point (l'échéance fatale du système international) mais ils se trompent d'époque et de sujet. Le système qui est en train de s'effondrer sous nos yeux, n'est pas celui du capitalisme qui existait avant 1913, l'année de la création de la Fed par le président démocrate Woodrow Wilson. Le système actuel est celui qui a été mis en place lors de la conférence de Bretton Woods en 1944. Il fut dénoncé par Henry Hazlitt, le grand vulgarisateur de l'école autrichienne. Il fut viré par Arthur Sulzberger, le patron du New York Times. Nous assistons à l'effondrement de l'économie mixte, de l'État providence, de l'école keynésienne, des utopies socialistes, en bref de tous ceux qui ont longtemps cru que l'on pouvait vivre éternellement au-dessus de nos moyens en monétisant la dette.

Les gogos européens rêvent d'avoir un président comme Barack Obama, ils auront un Adolph Hitler à la place. C'est tout ce que ces doux rêveurs méritent à l'aune de leur stupidité et de leur paresse intellectuelle !

lundi 9 février 2009

L'économie mixte est responsable de la crise




John Locke (1632-1704) développa la théorie générale de l'offre et de la demande de monnaie.

Les médias et les politiciens sont en train de fabriquer un nouveau mythe : la crise est la faute du laissez-faire !

Le libéralisme est un système politico-économique basé sur la propriété privée des moyens de production et dans lequel les pouvoirs de l'État sont limités à la protection des droits des individus contre l'initiation de la force physique.

Cette protection s'applique aussi bien à l'initiation de la force physique par un groupe d'individus mafieux voulant lever par exemple un impôt révolutionnaire, occasionnellement par des gouvernements étrangers lors de périodes de guerre, et plus important par le gouvernement lui-même !

Pour la menace omniprésente que constitue tout gouvernement, cette protection est assurée par une constitution faisant référence explicitement au droit naturel évoqué par John Locke qui est supérieur à celui des gens (jus gentium romain) La constitution française est aux antipodes de cette conception libérale.

Le socle constitutionnel s'avérant insuffisant pour garantir la protection des individus, il faut des contrôles effectifs du pouvoir exécutif. Ils ne peuvent être assurés que par de véritables contre-pouvoirs. En France règne la confusion des pouvoirs. La justice n'est qu'une autorité administrative, un appendice toléré de la Cinquième République. Les organes de presse appartiennent au complexe militaro-industriel. Dans son message d'adieu de la présidence en 1960, Dwight Eisenhower fut le premier à dénoncer cette grave menace pour les institutions démocratiques. Il fut écouté dans son pays mais pas dans le nôtre.

La protection des individus nécessite un Habeas corpus qui n'existe pas en France. Dès qu'un individu est arrêté par la police, il devrait être déféré immédiatement devant un juge en présence d'un avocat pour le défendre. C'est le juge qui a l'autorité de déterminer si une personne doit être ou non emprisonnée pour un acte criminel dont elle se serait rendu coupable.

Enfin, la protection des individus est assurée par eux-mêmes à travers le droit de disposer d'arme à feu et d'en faire usage. C'est le droit de légitime défense. Le premier devoir d'un État est d'assurer la sécurité de ses citoyens. L'État français veut s'occuper de tout (logement, santé) mais il faillit à sa mission première qui est d'assurer la sécurité physique de nos compatriotes. Les récurrentes flambées de violence dans les banlieues appellent à la création de milices armées puisque l'État n'est plus capable d'y faire respecter l'ordre.

Dans un régime libéral, le rôle du gouvernement se limite à son pré carré régalien qui est le même que celui de l'Ancien Régime : la police, l'armée, la justice et les affaires étrangères. Cela laisse des marges considérables à l'État pour faire appliquer la règle qu'il s'est donné de ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Comme le statut des fonctionnaires est irréfragable, il ne faudrait remplacer aucun fonctionnaire dans les administrations hors du domaine régalien. C'est exactement le contraire de la politique menée par le gouvernement avec la suppression de 57 000 emplois militaires, de tribunaux d'instance, d'ambassades et de consulats. L'Etat providence ne s'intéresse qu'aux missions qui relèvent du domaine privé ; d'où l'expression de marcher sur la tête…

La responsabilité de la crise incombe aux politiques et non pas au marché

Elle provient précisément de l'intervention massive du gouvernement américain, et par-dessus tout celle de la banque centrale (Fed) dans l'espoir que la simple création de monnaie et de sa disponibilité immédiate pour le marché hypothécaire était un substitut au capital créé par la production et l'épargne.

La dérégulation du marché n'est pas la cause de la crise mais la conséquence des actes criminels des politiques jouant tour à tour le rôle de pompier pyromane. Dans la polémique qui fait rage, le président Obama a désigné à la vindicte publique les banquiers. Il feint d'ignorer que le secteur bancaire est le plus proche du robinet. C'est parce que la Fed émet massivement des milliards de dollars que les banquiers de Wall Street absorbent au passage quelques gouttes. Il ne faut pas confondre cause et effet pour paraphraser Carl Menger.

Avant sa volte-face lors du discours donné au Zénith de Toulon, le 29 septembre 2008, le président de la République se plaignait que la Banque Centrale Européenne (B.C.E) ne se préoccupait pas assez de l'emploi dans l'euroland. En bref, il reprochait à la B.C.E de ne pas faire comme la Fed. C'est tout le drame de cette institution créée en 1913 par le président Woodrow Wilson. La Fed poursuit deux objectifs contradictoires : lutter contre l'inflation et maintenir le plein emploi. La B.C.E a été bâtie sur le modèle de la banque centrale allemande avec un seul objectif : la lutte contre l'inflation. Ceux qui réfutent ce modèle draconien, n'ont qu'à former un club Méditerranée où il n'y aura aucune contrainte. C'est ce qui arrivera un jour lorsque la fourmi allemande en aura marre des jérémiades des cigales.

Les cycles économiques ne correspondent pas aux cycles électoraux.

Le redémarrage de l'économie va prendre beaucoup de temps. Ce n'est pas avec plus de dette que l'on relancera la croissance mais avec un retour aux fondamentaux de l'économie classique que sont la production et l'épargne. George W Bush est parvenu à maintenir artificiellement une croissance anormalement élevée durant ses deux mandats. Mais sa bulle a explosé au pire moment, le 15 septembre 2008, pendant la campagne que menait celui qu'il a défait ignominieusement pendant la campagne primaire de Caroline du Nord en 2000. McCain devançait Obama dans les sondages avant la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers. Il n'y pas de justice sur terre. Le monde politique se divise entre les chanceux comme Obama et Bush et les malchanceux comme McCain.

Les Français et les Américains ont beau être des veaux, ils finiront bien par comprendre qu'on les mène à l'abattoir avec ces plans de relance. Comme le disait Abraham Lincoln, on peut tromper certains tous le temps, on peut tromper tout le monde un certain temps, mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps. Le moment de vérité approche avec l'insolvabilité de la Fed.

samedi 7 février 2009

Eureka




la maison de Carson à Eureka


Jeudi 30 septembre 2004, Garberville, Californie

Une jeune chienne au pelage noir et haute sur pattes m'a rejoint sur la plage. Elle jappe et me sollicite pour jouer avec elle. Je me méfie. Malgré mon attirance, je ne veux pas lui donner de fausse joie. Je ne suis qu'un passant sur cette terre californienne.

Je repasse devant la tente de la hippie. Le vent s'engouffre à l'intérieur. L'occupante a disparu. La chienne renifle une marmite graisseuse à proximité du feu de camp. Je poursuis mon chemin. Sans me retourner, je devine que la chienne m'a suivi. Après le lieu sacré des Yuroks, je lance une pierre à la chienne pour la dissuader de me suivre davantage. Elle lève une patte pour obtenir ma clémence. Elle sait y faire. Déconfit, je poursuis. Alors que j'approche de la voiture, je ramasse un gros bâton et la menace. Elle s'aplatit et gémit. Que faire devant tant de bonnes grâces ? Je casse le bâton par dépit. Après le bâton, j'use de la carotte. J'ouvre le coffre et en sort des biscuits. Je les lance le plus loin possible avant de m'enfuir en voiture. Dans le rétroviseur, je vois la chienne qui court. J'accélère sur la piste pour la semer. Ouf ! Elle abandonne et repart en direction de la plage. C'est le deuxième chien errant que je rencontre en vingt-quatre heures.

Je repars au Sud, en direction d'Eureka. Je roule débonnairement sous un ciel lumineux. Il n'y a aucune tension à conduire sur les routes californiennes. La vitesse est limitée à 85 km/h, le trafic est fluide et les conducteurs ne sont pas agressifs. Après la traversée du parc national des séquoias géants, la vue est complètement dégagée sur l'océan. Elle longe une plage de sable, Clam Beach, jusqu'à l'entrée d'Arcata, une petite ville universitaire. De gros rouleaux s'écrasent sur le sable. Je les entends malgré le ronron du moteur V8 sous le capot de la voiture.

La route abandonne la côte ; celle-ci se prolonge par un long cordon de sable fermant la baie de Humboldt. Elle suit l'intérieur de la baie jusqu'à Eureka, la capitale du Nord de la Californie. J'avais l'intention d'y passer la nuit mais j'y renonce en traversant ses faubourgs industriels. Je rêvais d'une petite ville rustique et tranquille. Je découvre une ville géométrique qui ressemble à une ruche. Je n'ai pas le courage d'explorer le centre-ville. Je me laisse engluer par le flux de voitures qui le contourne.

Avec le recul du temps, je le regrette. Il y avait un point d'intérêt majeur à découvrir dans le quartier historique. C'est dans cette ville que se trouve la plus belle maison victorienne en Amérique. Elle fut construite entre 1884 et 1886 par Newsom, un architecte renommé. Elle avait été commanditée par William Carson. Ce baron de l'industrie du bois n'avait pas de goût de luxe mais il était préoccupé par la conjoncture économique. Pour éviter de licencier ses ouvriers et donner du travail à la main d'œuvre locale, il eut l'idée de se faire construire cette magnifique demeure. La ville lui est éternellement reconnaissante. Elle a converti sa propriété en centre d'arts et elle assure son entretien qui n'est pas négligeable.

La route quitte l'extrémité sud de la baie et s'enfonce à l'intérieur des terres. Une énorme usine blanche barre le paysage à Fortuna. Ce qui me frappe (la couleur immaculée de l'usine) n'est pas forcément ce qui a frappé, autrefois, ses habitants. La ville a changé trois fois de nom. Au départ, elle s'appelait Springville parce qu'il y avait une scierie portant le nom de Spring Mill. A la fin des années 1870, la ville fut assez grande pour réclamer une poste. La poste est le seul bâtiment fédéral dans une commune américaine. C'est elle qui donne son nom à la ville et non l'inverse. Il y avait déjà une poste portant ce nom en Californie, dans le comté de Ventura. En 1876, l'administration de la poste à Washington lui attribua le nom générique de Slide. Cela est aussi bien une barrette, un toboggan, une diapositive, une lamelle en verre pour un examen au microscope, une glissade pour une voiture ou une personne, ou un déclin (économique).

Le côté déclinologue dut déplaire à la population. Une pétition demanda à la chambre de Californie de retirer ce nom et de le remplacer par "Fortuna." La chambre ne vota en faveur de ce changement de nom réclamé par ses habitants que cinq ans plus tard. Le législateur américain est souverain. Ce nom espagnol de "fortune" suffisait-il à rassurer ses habitants sur leur avenir ? La ville est placée idéalement, à quelques kilomètres de l'embouchure d'une rivière, pour accueillir toutes sortes d'activités : scierie, papeterie et mine. La compagnie Northwestern Pacific Railroad choisit Fortuna pour en faire sa gare de dépôt.

Je décide de poursuivre ma route. Dans quelques méandres de la rivière Eel se trouve "l'allée des géants." Il s'agit de séquoias géants. J'appuie sur l'accélérateur alors que le soleil se couche au-dessus de Rainbow Ridge. Je parviens à la fameuse allée alors que la nuit tombe. Malgré la pénombre, je me rends compte de la dimension exceptionnelle des arbres qui longent cette route secondaire que je viens d'emprunter à un coude de la rivière surnommé Myers Flat. J'aimerais passer la nuit au pied d'un de ces géants. Ce vœu ne peut être exaucé car le camping est interdit.

Trouver un hôtel pour la nuit est une gageure. En dehors des villes, il n'y a point de salut pour les touristes. Je roule en écoutant sur une radio le débat présidentiel qui vient de commencer. Il oppose le président sortant George W Bush au sénateur démocrate du Massachusetts John Kerry. Je m'arrête à la bourgade de Garberville où j'ai la chance de trouver une chambre. J'ai faim. Il n'y a qu'un seul établissement ouvert en soirée : Woodrose Café.

Le café n'a pas la même connotation qu'en France. Le seul élément fédérateur est la caféine mais en dehors de ça tout les sépare. En Californie, et plus particulièrement dans les comtés septentrionaux, il s'agit d'un établissement tenu par des décalés (hippies, marginaux, écologistes) et qui sert avant tout à s'approvisionner en herbe (marijuana). L'État de Californie tolère la vente de cannabis à des fins thérapeutiques. La D.E.A (Drug Enforcement Agency), l'autorité fédérale de lutte contre les drogues, a mené une enquête : 40% des consommateurs souffriraient de douleurs chroniques (accidentés), 22 % du Sida, 15% de désordres psychiques et 23% pour des raisons diverses. Ce n'est pas pour autant que cette autorité fédérale voit d'un bon œil cette vente. Elle serait le fruit du flou juridique entretenu par le législateur californien qui considère cette drogue comme un médicament.

C'est la preuve que les États fédérés sont maîtres de leur destin. Les Français attendent tout de l'État, les Américains tout de la constitution. Les droits naturels des individus sont inaliénables en Amérique. Dans un cas cela donne des anxieux permanents qui sont les plus grands consommateurs d'anti-dépresseurs de la planète, dans l'autre des optimistes forcenés.

Une grande lesbienne est ma serveuse ce soir. Elle porte un pantalon moulant en cuir noir. Elle a un tricot blanc qui fait ressortir son tatouage. Il s'agit d'un arlequin entrelacé qui s'étend de la base du cou jusqu'au poignet. L'ensemble noir, blanc et arlequin est parfait. Arlequine a une crinière drue et noire de cheval qui lui tombe aux reins. Des filles à une table voisine la regardent avec admiration. La serveuse les a repérées. Elle agite sa crinière au passage qui touche l'épaule d'une des deux filles qui frissonne de bonheur. Son amie, jalouse, l'embrasse sur la bouche. A Gomorrhe, la cuisine est bio. Après un saumon estampillé "sauvage", je prends un gâteau aux airelles "organiques". En Amérique, le bio est organique. Même le café servi dans l'établissement est organique pour le plus grand plaisir des client(e)s. Quand je lève mes yeux de l'assiette après avoir raclé la sauce aux airelles, je me rends compte que je suis le seul mâle dans la salle. Ce type de cuisine attire surtout les femmes. Organique déclencherait-il un orgasme chez les vertes californiennes ? C'est la question que je me pose en voyant le manège feutré dans la salle. Arlequine a l'embarras du choix pour passer une bonne nuit.

Quand je rentre, seul, à ma chambre, je regarde la fin du débat télévisé présidentiel. Des spectateurs triés sur le volet posent des questions aux deux candidats. Une belle femme blonde demande à John Kerry s'il est contre l'avortement. Le candidat démocrate n'est pas surpris par la question. Il répond qu'il n'est ni pour ni contre, que c'est un choix personnel de la femme enceinte et que s'il est élu, il n'a pas l'intention de contester la jurisprudence Roe versus Wade établie en 1973 par la Cour Suprême. Pour finir, il demande à la femme ce qu'elle ferait si sa fille mineure était violée. Son visage se durcit. Elle se pince les lèvres. Dans ses yeux se lit toute la haine que lui inspire ce "libéral". En Amérique, un libéral est un gauchiste. A travers le regard outré de cette femme blanche, je réalise que Kerry a perdu toute chance de gagner en novembre prochain. Une élection se gagne en conquérant le cœur de la majorité WASP (white anglo-saxon protestant) et non pas en le prenant à rebrousse-poil.

vendredi 6 février 2009

La Fed bientôt insolvable !



"La banqueroute est un procédé légal dans lequel vous mettez votre argent dans la poche du pantalon et donnez votre chemise aux créditeurs."

Joe Adams

Sous la houlette de Bernanke, la Fed nous a épargné un risque systémique. C'est le moins que l'on puisse attendre d'une institution qui est à l'origine de la crise financière… N'en a-t-elle pas trop fait depuis le 15 septembre 2008, jour de la faillite de Lehman Brothers ? C'est ce que pensent deux économistes de l'école autrichienne : Philipp Bagus et Markus Schiml.

Les pompiers de la Fed ont mis au point trois grandes lances pour combattre le feu à Wall Street.

1) Term Auction Facility (T.A.F) fut introduit, le 12 décembre 2007, en conjonction avec les banques centrales du Canada, de la Suisse, du Royaume-Uni et de Frankfort (euroland). Ce fonds a été créé parce que les banques ne se prêtaient plus entre elles. De plus, les banques ne voulaient pas utiliser la procédure publique du taux d'escompte qui est celle utilisée pour les banques éprouvant des difficultés temporaires de trésorerie. Cela aurait immanquablement porté la suspicion sur elles. La confiance étant rompue sur le marché interbancaire, la Fed a donc mis au point ce fonds noir où l'identité des emprunteurs est protégée.

2) La deuxième grande lance, Term Securities Landing Facility, a été créée, le 11 mars 2008, lorsque la banque d'investissement Bear Stearns, saturée de subprimes, a fait faillite. Il s'agit d'une facilité de paiement, étalée sur 28 jours, accordée par le Trésor aux participants -"primary dealers" - de la banque fédérale de New York. Les "primary dealers" sont des banques internationales. Parmi les dix-sept banques recensées, figure une seule banque française : BNP Paribas Securities Corp qui est la division d'investissement de cette banque commerciale. Le Trésor leur offre la possibilité d'échanger une dette (pourrie ou saine) contre des bons du Trésor américains qui ne connaissent pas encore la méfiance du marché.

3) La troisième grande lance, Primary Dealer Credit Facility, est intervenue le 16 mars 2008, avec les rumeurs de faillite de Fannie Mae et Freddie Mac. Il s'agit d'une facilité de paiement, juste pour une nuit, accordée directement par la Fed, en échange de collatéraux éligibles, aux primary dealers.

Pour éteindre le feu qui se propageait dans la brousse, la Fed a utilisé beaucoup d'eau (d'argent).

Le 7 octobre 2008, elle a accru les collatéraux pour y inclure le papier commercial. Il s'agit de notes émises par des banques ou des entreprises pour une maturité fixe de 270 jours et qui leur permettent d'assurer la paye des salaires. Le montant du papier commercial en circulation est de 1.61 trillions de dollars !

Craignant que l'industrie de la finance soit détruite à son tour par l'incendie, le pompier a mis au point, le 21 octobre 2008, une autre grande lance : Money Market Investor Funding Facility.

En raison de ses interventions multiples, le bilan de la Fed a triplé : de 800 milliards de dollars en septembre, il a atteint 2 400 milliards en janvier 2009. A la quantité astronomique de ses interventions pour sauver le système financier mondial, s'ajoute désormais la question de la qualité douteuse des créances que la Fed a accumulé en si peu de temps. Malgré tous ses efforts, la machine économique reste grippée. La politique monétaire est arrivée au bout de ses possibilités avec le taux directeur qui a été abaissé à 0.35%. Le capitaine des pompiers envisagerait de se porter au secours des cartes de crédit dont l'encours est d'un trillion de dollars.

Les deux économistes de l'école autrichienne notent que le ratio de fonds propres de la Fed est tombé de 4.5% à 2%. L'effet de levier est passé de 22 à 50. Cela veut dire que si seulement 2% des actifs de la Fed sont irrécouvrables ou que la Fed perde 2% sur son portefeuille de titres, elle se trouve insolvable !

Que se passerait-il si la Fed était insolvable ?

Pour contrer la panique prévisible des marchés, il ne resterait que deux possibilités.

Une intervention du Trésor américain pour recapitaliser la banque fédérale par une augmentation massive des impôts (le président s'y refusera), par un emprunt sur les marchés qui affaiblirait inéluctablement le dollar. C'est un cercle vicieux.

Une deuxième hypothèse, envisagée par les deux économistes de l'école autrichienne, serait de réévaluer les réserves d'or de la Fed qui sont maintenues artificiellement basses. Le cours officiel de 42.44 $ par once d'or passerait à celui du marché : 900 $. Ainsi le ratio de fonds propres de la Fed atteindrait un seuil confortable de 12.35% pour traverser la tempête.

Compte tenu de ces aléas, on peut s'interroger sur la pertinence de la valeur refuge de l'or.