samedi 31 janvier 2009

Une histoire de fermiers


Henry Hazlitt (1894-1993) fut le plus grand vulgarisateur de la pensée de l'école autrichienne.


« L'art de l'économie ne consiste pas simplement à regarder les effets immédiats mais les effets à long terme de toute politique. Il consiste à tracer les conséquences d'une politique non seulement à l'égard d'un groupe mais de tous les groupes de la société. »

Henry Hazlitt

Ainsi commence le livre culte d'Henry Hazlitt. Cet ouvrage, publié en 1946 en Amérique, est devenue un best-seller en Chine. Ce n'est pas un hasard que les Chinois se soient tournés vers cet auteur de l'école autrichienne qui offre une vision radicalement opposée à celle des Keynésiens. Ils s'en portent nettement mieux que les Européens qui s'accrochent aux vieilles lunes socialistes.

Hazlitt était un journaliste prolifique. Il était un contributeur du New York Times pendant la grande dépression. Il était également un critique apprécié de la revue littéraire New York Times Book Review. A l'époque, ce journal était au centre. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il bascula à gauche à l'occasion de la conférence de Bretton Woods qui donna naissance au système financier international avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

- Quand quarante-trois gouvernements signent un accord, je ne vois pas comment je peux le combattre plus longtemps, dit Arthur Sulzberger, le patron du Times, à Hazlitt.

- Très bien, répondit Hazlitt, je n'écrirai plus rien sur Bretton Woods. C'est un projet inflationniste qui se terminera mal, et je ne veux pas le cautionner.

L'histoire donna raison à Hazlitt dans les années soixante-dix quand le monde occidental croula sous l'inflation. Hazlitt ne fut pas viré mais la rédaction menaça de publier un démenti à ses éditoriaux. Il fut donc mis au placard. Hazlitt donna sa démission et trouva immédiatement un autre employeur : Newsweek Magazine. C'est en collaborant pour ce dernier qu'il publia son ouvrage. « Economics in One Lesson » (1) fut un grand succès avec neuf millions d'exemplaires vendus et dix traductions.

Ce livre dont le succès ne se dément pas (les Chinois qui l'ont découvert récemment, en raffolent) nous ramène invariablement à la question du jour. Le gouvernement français s'évertue à présenter son plan de relance comme un plan d'investissement. La leçon de la relance calamiteuse par la demande, en 1982, a été retenue par la fausse droite. C'est à peu près tout ce qu'elle a retenu...

Dans le chapitre 6 intitulé « le crédit détourne la production », Hazlitt prend l'exemple du crédit alloué par l'État à des fermiers. Je l'ai modifié pour l'adapter à la réalité française. Le fermier C qui a une entreprise prospère, n'éprouve pas de difficulté à se financer auprès d'investisseurs privés. C'est seulement les fermiers A et B dont la productivité est très faible, qui se tournent vers l'État pour obtenir un crédit. Le gouvernement keynésien va leur accorder un prêt préférentiel pour corriger cette inégalité !

Le fermier C est triplement pénalisé par cette mesure discriminatoire. D'une part, le prêt accordé aux fermiers A et B a un taux d'intérêt nominal qui est inférieur à celui du marché. Il faut noter que l'État keynésien n'a pas l'argent pour accorder cette faveur. L'État keynésien est impécunieux, une constante chez ces gens là. Pour accorder ce prêt avec un taux bonifié, il va devoir se financer lui-même sur le marché. Le fermier C va devoir emprunter à un taux plus élevé en raison de la raréfaction du crédit détourné par l'État pour financer ses entreprises chimériques. Quand autrefois, il pouvait emprunter 10 000 € à un taux de 5%, il ne peut plus emprunter aujourd'hui que 8 000 € à un taux de 7% en raison de l'assèchement du marché. S'il persiste à vouloir lever 10 000 € comme auparavant, le taux consenti sera non pas de 7% mais peut être de 10%. C'est le taux marginal compte tenu de la raréfaction du crédit. Le marché du crédit est rationné. Enfin, pour rembourser sa dette, l'État va devoir augmenter les taxes. Le fermier C est ainsi triplement pénalisé avec la progressivité de l'impôt sur le revenu qui le frappe plus durement que les fermiers A et B qui sont dans une tranche inférieure.

A travers cet exemple, on voit qu'une ressource rare (l'épargne) est dévoyée pour satisfaire une lubie socialiste. Les fermiers A et B perçoivent un avantage conséquent : un prêt bonifié à 2%. Avec une inflation de 2%, le taux réel du prêt est de zéro. Les fermiers A et B ne soucient pas de la rentabilité de leur entreprise. Ils feront un mauvais investissement. En revanche, le fermier C qui a obtenu un prêt nominal de 7 %, sera très sélectif dans ses choix d'investissement.

La conséquence est toujours la même. Parce que les fermiers A et B dont la productivité est moindre que celle du fermier C, ont acquis une ressource rare (l'épargne) au détriment du troisième, la production globale sera moindre et la société en pâtira. Le keynésianisme n'est qu'un habillage intellectuel du socialisme. Comme les fermiers A et B sont majoritaires dans notre pays, tous les gouvernements se rangent de leur côté. Ils continueront à voler le fermier C pour faire plaisir aux deux premiers.


(1) Economics in One Lesson (l'économie en une leçon) par Henry Hazlitt n'est pas disponible en français. Rien d'étonnant au pays du socialisme. En revanche, il fait un tabac en Chine !


lundi 26 janvier 2009

L'illusion qu'un gouvernement puisse créer des emplois...



Paul Krugman,le lauréat du prix Nobel d'économie, est un économiste à mi-temps et un politique à plein temps.

Le président Barack Obama a déclaré que son plan de relance de 825 milliards de dollars va créer deux millions et demi d'emplois dans le secteur privé d'ici 2011. Des esprits grincheux font valoir que chaque emploi va coûter 275 000 $ au contribuable américain.

Dans un article "Bad Faith Economics" (l'économie de mauvaise foi) dans l'édition du 25 janvier 2009 du New York Times, Paul Krugman écrit : "C'est faux de dire que le plan d'Obama va coûter 275 000 $ par emploi. Pourquoi est-ce faux ? Parce qu'on ne prend pas en compte que le plan aura des répercussions sur le long terme, créant ainsi des millions d'emplois chaque année, et en le divisant par le nombre d'emplois créés non pas sur deux ans mais sur une période plus longue. Le vrai coût par emploi du plan Obama sera plus proche de 100 000 $ que de 275 000 $. Et le coût net sera aussi faible que 60 000 $ si vous prenez en compte qu'une forte économie engendrera des recettes fiscales élevées." A court d'argument, le prophète keynésien en est réduit à se référer à la parabole de la multiplication des pains par un autre prophète...

La pompe keynésienne

Christina Romer est la nouvelle présidente du conseil économique de la Maison Blanche. Elle a affirmé au Congrès qu'un dollar investi dans le plan de relance allait accroître le produit national brut de 1.57 $. C'est l'effet multiplicateur keynésien.

Dans ce canevas, une production pourrait générer, sans causer d'inflation, une production dénommée « potentielle » avec un pool de ressources tels que le travail, les outils, les machines et la technologie. Plus grand sera ce pool de ressources utilisées, plus grande sera la production. Si, pour une raison quelconque, la demande de produits finis n'est pas assez forte, cela entraîne un déclin de la production. Une demande inadéquate conduit à une utilisation partielle de la main d'œuvre disponible et des biens de production.

La théorie keynésienne n'envisage que la moitié du problème

Elle ignore que dans le monde réel le gouvernement ne peut pas injecter de monnaie dans l'économie sans en retirer ailleurs. Plus précisément, la théorie keynésienne ne regarde que la moitié de l'équation. L'argent que le gouvernement emprunte sur le marché obligataire, c'est autant d'argent qui est retiré à l'investissement privé. Il n'y a pas d'accroissement dans ce que les Keynésiens appellent la demande agrégée. Le keynésianisme ne stimule pas la demande nationale, il redistribue simplement la richesse. Le gâteau est coupé différemment mais il n'est pas plus gros. D'où le très grand succès de cette théorie auprès des socialistes et des politiciens qui se repaissent sur la bête. On aurait beaucoup moins de keynésiens dans les arcanes du pouvoir en France s'ils étaient frugaux comme Michael Bloomberg, le maire de New York, qui se verse un salaire symbolique d'un dollar !

L'investissement est lié à l'épargne disponible

Prenons le cas d'un boulanger. Admettons que pour s'acheter une paire de chaussures, il doive faire cuire cent pains. Le marchand de chaussures contribuera lui-même à cet achat en consommant du pain tous les jours. Le boulanger décide d'accroître sa production avec un autre fourneau. Pour réaliser cet investissement, il fait appel à un constructeur de fourneau à pain. Comment va-t-il financer cet investissement ? Avec l'épargne préalable qu'il a constituée et par un crédit complémentaire si celle-ci est insuffisante. Sur la centaine de pains que le boulanger produit chaque jour, une vingtaine sert à payer la farine au minotier. Il paiera donc le constructeur de fourneau avec le pain qu'il produit. La construction du fourneau est financée par la production d'un produit fini : le pain. Si pour une raison quelconque, le flot de production de pain est rompu, le boulanger ne sera plus capable de payer le constructeur de fourneau.

De cet exemple simple, nous pouvons déduire que ce qui compte pour la croissance économique, ce n'est pas seulement un stock disponible d'outils, de machines et de main d'œuvre, comme l'affirme la théorie keynésienne, mais un flot adéquat de produits finis et de services que s'échangent entre eux les individus pour maximiser leur bien être. Même en admettant l'hypothèse keynésienne que la « production potentielle » est supérieure à la « production réelle », cela n'induit pas qu'un accroissement de la dépense du gouvernement conduira à un accroissement réel de l'économie. Il n'est pas possible d'accroitre la production globale sans le nécessaire support de produits finis, de services ou d'une épargne préalable. Dans le cas du boulanger, on a vu que pour fabriquer cent pains, il en consomme vingt. Précisons au passage que la monnaie n'est qu'un instrument d'échange. Elle sert à faciliter le flot de biens mais elle ne peut pas remplacer les produits finis. Personne ne mange de la monnaie.

Comment un plan de relance pourrait-il raviver l'économie ?

Il y a d'abord la méthode éprouvée de créer des structures administratives. Le gouvernement taxe davantage les individus qui produisent des richesses pour couvrir les dépenses de nouveaux fonctionnaires. Il affaiblit le secteur privé et compromet la reprise. C'est le cas de la France avec un quart de la population active employée dans le secteur public.

Pour qu'un plan de relance ait une chance de réussir, il faudrait que l'épargne disponible soit suffisamment large pour financer le plan du gouvernement tout en maintenant un taux positif de croissance du secteur privé. Notons au passage que l'accroissement global de l'économie sera imputé, à tord, à la politique de relance du gouvernement alors qu'il s'agit d'un sacrifice non consenti du secteur privé.

Si l'épargne disponible n'est pas assez grande pour maintenir un taux positif de croissance du secteur privé, et ce quelque que soit la taille ou l'allocation du plan de relance, la machine économique va se gripper. Plus un gouvernement dépense, plus il taxe les forces vives de la nation, et plus il compromet les chances d'une reprise de la croissance.

Ainsi notre boulanger sera contraint de payer plus de taxes pour financer le plan de relance. L'achat d'un autre fourneau est condamné. Au rythme des dépenses de l'État, il arrivera un jour où le boulanger ne pourra même plus payer l'entretien du four existant. Quand son fourneau tombera en panne, il cessera son activité. Le marchand de chaussures sera, lui aussi, touché par la fermeture de la boulangerie. Il n'aura plus de pain, sauf à se déplacer dans un autre village. Il perdra un bon client jusqu'au jour où il sera lui aussi contraint de cesser son activité. Cela se produira lorsque les charges (fixes) absorberont ses maigres bénéfices. A quoi bon de travailler si l'État lui prend tout pour subventionner un secteur public pléthorique ?

Un plan de relance n'augmentera que très peu ou pas du tout la production globale et il se fera au détriment de l'activité du secteur privé. Il n'y a pas non plus d'effet multiplicateur de richesse comme le prétendent les keynésiens. Il y a au contraire un effet multiplicateur de pauvreté dans l'exemple simple du boulanger et du marchand de chaussures. Mais la micro économie n'a jamais intéressé les énarques.

Dans son essai intitulé « L'Action Humaine » Ludwig von Mises écrivait : «Il n'y a pas besoin de souligner le truisme qu'un gouvernement peut dépenser ou investir seulement s'il prend cet argent aux citoyens, et que ces dépenses ou ces investissements étatiques restreignent à hauteur égale les dépenses et les investissements du secteur privé. »

En 1969 alors que le gouvernement américain était confronté à un grave déficit budgétaire induit par la guerre du Vietnam, Milton Friedman déclara : «La taille d'un budget n'a pas d'effet significatif sur la croissance nominale, l'inflation, la déflation ou les fluctuations cycliques. Seule compte une politique monétaire accommodante.” Avec le Maestro et son successeur Bernanke à la Fed, on est bien servi !

jeudi 22 janvier 2009

De Senna à Iwo Jima : l'honneur et le sacrifice disparus


Contrairement aux Keynésiens qui gaspillent notre épargne, le général Tadamichi Kuribayashi (1891-1945) avait la mission écrasante de défendre l'île stratégique d'Iwo Jima avec des moyens dérisoires à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il paya de sa vie, comme presque tous les défenseurs de l'île, son engagement à sauver la mère patrie.



Pour les Keynésiens, c'est la demande qui commande l'économie. Si durant une récession, les ménages ne consomment pas assez, c'est le rôle du gouvernement d'intervenir et d'accroître la demande globale pour soutenir la croissance. En annonçant des chiffres mirobolants de dépenses, ils ont voulu montrer leur détermination à éviter l'erreur commise en 1929 par l'administration Hoover. Une fois de plus, les Keynésiens confondent les causes et les effets pour paraphraser Carl Menger, le fondateur de l'école autrichienne. Comme en 1929, la crise actuelle est la conséquence (effet) de la politique monétariste laxiste menée par la Fed.

Plus grave, on assiste à un emballement de l'usine à gaz. En raison de l'activisme forcené des Keynésiens pour maintenir une croissance artificielle, les bulles spéculatives se forment plus rapidement et elles sont aussi dangereusement plus grosses. Entre la bulle internet (1999) et la bulle immobilière (2006) il s'est écoulé à peine sept années. La destruction de richesse quand une bulle explose est également plus dévastatrice. Dans l'explosion de la bulle internet cinq trillions de dollars se sont vaporisés sur le seul marché du NASDAQ. L'explosion de la bulle immobilière a déjà détruit quinze trillions de dollars sur les marchés internationaux. Trois fois plus et ce n'est pas fini ! C'est une décennie d'épargne détruite dans cette explosion nucléaire, déclenchée le 15 septembre 2008, par la faillite de la banque d'investissement Lehman Brothers. Bernanke et Paulson avaient voulu rétablir l'aléa moral (moral hazard) pour donner un avertissement au marché. Ces deux apprentis sorciers ont détruit le système bancaire international. Il n'y a pas d'autre alternative à une nationalisation de ce secteur sinistré.

Mais cette énième leçon n'a pas été retenue par les Keynésiens. Leur nouveau plan de relance sera forcément plus destructeur que les précédents. Ce ne seront plus des sociétés (bulle internet) des ménages spéculateurs (supbrimes) ou des banques (bulle immobilière) qui vont faire faillite mais des États. Le journal Le Monde, peu suspect d'antipathie à l'égard de la théorie de Keynes, évoque benoîtement un krach du marché obligataire dans son numéro du 13 janvier 2009. Après avoir applaudi l'intervention massive des États, il s'aperçoit, un peu tard, des conséquences sur le marché obligataire. "Comment le marché va-t-il absorber les trois trillions de dollars d'émissions obligataires envisagées pour cette seule année 2009 ?" Bonne question de ces journalistes keynésiens qui découvrent, sans le vouloir, le grand principe de causalité exprimé par Carl Menger : "Tous les évènements sont sujets à la loi de la cause et de l'effet. Ce grand principe ne connaît pas d'exception, et nous chercherions en vain dans le monde réel un exemple contraire."

Au lieu de se donner le temps de la réflexion (examiner la cause du krach immobilier et bancaire et d'en tirer les conséquences qui s'imposent en laissant aux ménages, aux entreprises et aux banques reconstituer leur épargne ou leurs fonds propres) les Keynésiens qui sont aux commandes, appuient à fond sur la pédale de l'accélérateur. Ils se disent : "ça passe ou ça casse !"

Le magazine Times a élu Barack Obama le coureur automobile de l'année 2008. Par son physique métissé, son charme et son esprit chevaleresque, il fait penser au grand champion brésilien Ayrton Senna da Silva (1960-1994) Barack Obama fait, cette semaine, une entrée fracassante sur le grand circuit. Il a juré à ses fans de commencer en trombe la course. Il va mettre dans son bolide hybride une batterie et sur sa coque une éolienne et des panneaux solaires qui coûtent une fortune. Qu'à cela ne tienne ! La course doit durer quatre ans (2008-2012) mais il n'est pas certain qu'il la finisse…

Ayrton Senna gagna beaucoup de grands prix au cours de sa carrière jusqu'à celui de San Marin lorsqu'il perdit le contrôle de son bolide dans le virage de Tamburello sur le circuit d'Imola. Il percuta le mur en béton à la vitesse de 217 km/h. Une collision fatale. Nous avons tous déploré la disparition de ce champion généreux et combatif. Mais après tout n'a-t-il pas eu le destin tragique qu'il méritait en voulant être l'égal d'un Fangio ? Cela nous ramène à la loi immuable de la cause (l'ambition démesurée d'un champion) et de l'effet (le risque de mourir).

La course à la relance keynésienne est plus folle que celle de la formule 1. Dans un grand prix, les coureurs savent les risques (mort ou brûlure grave) qu'ils encourent pour gagner la course. On ne peut en dire autant des Keynésiens qui n'ont ni le bagage technique ni le courage pour assumer les conséquences de leurs actes criminels. Sur le circuit loufoque keynésien des enfants innocents sont embarqués à bord de side-cars. Les adultes ne sont pas à plaindre car ils ont voté pour leur pilote, qu'il soit maire, conseiller général, député, sénateur ou président.

Pendant la guerre du Pacifique des militaires japonais assumèrent jusqu'au bout leurs responsabilités. Avec des moyens dérisoires, le général Tadamichi Kuribayashi commandant l'île d'Iwo Jima tint tête à l'armada déployée par les Américains. Sur les 21 000 défenseurs de l'île, seulement 216 survécurent au déluge de feu. L'histoire a accordé à ces braves la reconnaissance qu'ils méritent. Même Hollywood l'a reconnu à travers l'excellent film de Clint Eastwood : Lettres d'Iwo Jima.

N'attendez pas un tel sacrifice de la part des Keynésiens ! Quand le Titanic coulera, ils s'enfuiront à bord des chaloupes en laissant derrière eux des milliers de malheureux périr dans les eaux glacées. Si un pari était organisé aujourd'hui, il ne rapporterait rien aux vainqueurs. On a autant de chance de trouver un homme courageux dans le personnel politique que de gagner un voyage sur la Lune…

mercredi 21 janvier 2009

Obama 's inauguration speech


vice president Joe Biden, Dr Jill Biden, president Barack Obama and first lady Michelle Obama

My fellow citizens:

I stand here today humbled by the task before us, grateful for the trust you have bestowed, mindful of the sacrifices borne by our ancestors. I thank President Bush for his service to our nation, as well as the generosity and cooperation he has shown throughout this transition.

Forty-four Americans have now taken the presidential oath. The words have been spoken during rising tides of prosperity and the still waters of peace. Yet, every so often the oath is taken amidst gathering clouds and raging storms. At these moments, America has carried on not simply because of the skill or vision of those in high office, but because We, the People, have remained faithful to the ideals of our forbearers, and true to our founding documents.
So it has been. So it must be with this generation of Americans.

That we are in the midst of crisis is now well understood. Our nation is at war, against a far-reaching network of violence and hatred. Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some, but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age. Homes have been lost; jobs shed; businesses shuttered. Our health care is too costly; our schools fail too many; and each day brings further evidence that the ways we use energy strengthen our adversaries and threaten our planet.
These are the indicators of crisis, subject to data and statistics. Less measurable but no less profound is a sapping of confidence across our land - a nagging fear that America's decline is inevitable, and that the next generation must lower its sights.

Today I say to you that the challenges we face are real. They are serious and they are many. They will not be met easily or in a short span of time. But know this, America - they will be met.

On this day, we gather because we have chosen hope over fear, unity of purpose over conflict and discord.

On this day, we come to proclaim an end to the petty grievances and false promises, the recriminations and worn out dogmas, that for far too long have strangled our politics.

We remain a young nation, but in the words of Scripture, the time has come to set aside childish things. The time has come to reaffirm our enduring spirit; to choose our better history; to carry forward that precious gift, that noble idea, passed on from generation to generation: the God-given promise that all are equal, all are free, and all deserve a chance to pursue their full measure of happiness.

In reaffirming the greatness of our nation, we understand that greatness is never a given. It must be earned. Our journey has never been one of short-cuts or settling for less. It has not been the path for the faint-hearted - for those who prefer leisure over work, or seek only the pleasures of riches and fame. Rather, it has been the risk-takers, the doers, the makers of things - some celebrated but more often men and women obscure in their labor, who have carried us up the long, rugged path towards prosperity and freedom.
For us, they packed up their few worldly possessions and traveled across oceans in search of a new life.
For us, they toiled in sweatshops and settled the West; endured the lash of the whip and plowed the hard earth.
For us, they fought and died, in places like Concord and Gettysburg; Normandy and Khe Sahn.
Time and again these men and women struggled and sacrificed and worked till their hands were raw so that we might live a better life. They saw America as bigger than the sum of our individual ambitions; greater than all the differences of birth or wealth or faction.

This is the journey we continue today. We remain the most prosperous, powerful nation on Earth. Our workers are no less productive than when this crisis began. Our minds are no less inventive, our goods and services no less needed than they were last week or last month or last year. Our capacity remains undiminished. But our time of standing pat, of protecting narrow interests and putting off unpleasant decisions - that time has surely passed. Starting today, we must pick ourselves up, dust ourselves off, and begin again the work of remaking America.

For everywhere we look, there is work to be done. The state of the economy calls for action, bold and swift, and we will act - not only to create new jobs, but to lay a new foundation for growth. We will build the roads and bridges, the electric grids and digital lines that feed our commerce and bind us together. We will restore science to its rightful place, and wield technology's wonders to raise health care's quality and lower its cost. We will harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories. And we will transform our schools and colleges and universities to meet the demands of a new age. All this we can do. And all this we will do.

Now, there are some who question the scale of our ambitions - who suggest that our system cannot tolerate too many big plans. Their memories are short. For they have forgotten what this country has already done; what free men and women can achieve when imagination is joined to common purpose, and necessity to courage.

What the cynics fail to understand is that the ground has shifted beneath them - that the stale political arguments that have consumed us for so long no longer apply. The question we ask today is not whether our government is too big or too small, but whether it works - whether it helps families find jobs at a decent wage, care they can afford, a retirement that is dignified. Where the answer is yes, we intend to move forward. Where the answer is no, programs will end. And those of us who manage the public's dollars will be held to account - to spend wisely, reform bad habits, and do our business in the light of day - because only then can we restore the vital trust between a people and their government.

Nor is the question before us whether the market is a force for good or ill. Its power to generate wealth and expand freedom is unmatched, but this crisis has reminded us that without a watchful eye, the market can spin out of control - and that a nation cannot prosper long when it favors only the prosperous. The success of our economy has always depended not just on the size of our Gross Domestic Product, but on the reach of our prosperity; on our ability to extend opportunity to every willing heart - not out of charity, but because it is the surest route to our common good.

As for our common defense, we reject as false the choice between our safety and our ideals. Our Founding Fathers, faced with perils we can scarcely imagine, drafted a charter to assure the rule of law and the rights of man, a charter expanded by the blood of generations. Those ideals still light the world, and we will not give them up for expedience's sake. And so to all other peoples and governments who are watching today, from the grandest capitals to the small village where my father was born: know that America is a friend of each nation and every man, woman, and child who seeks a future of peace and dignity, and that we are ready to lead once more.

Recall that earlier generations faced down fascism and communism not just with missiles and tanks, but with sturdy alliances and enduring convictions. They understood that our power alone cannot protect us, nor does it entitle us to do as we please. Instead, they knew that our power grows through its prudent use; our security emanates from the justness of our cause, the force of our example, the tempering qualities of humility and restraint.

We are the keepers of this legacy. Guided by these principles once more, we can meet those new threats that demand even greater effort - even greater cooperation and understanding between nations. We will begin to responsibly leave Iraq to its people, and forge a hard-earned peace in Afghanistan. With old friends and former foes, we will work tirelessly to lessen the nuclear threat, and roll back the specter of a warming planet. We will not apologize for our way of life, nor will we waver in its defense, and for those who seek to advance their aims by inducing terror and slaughtering innocents, we say to you now that our spirit is stronger and cannot be broken; you cannot outlast us, and we will defeat you.

For we know that our patchwork heritage is a strength, not a weakness. We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus - and non-believers. We are shaped by every language and culture, drawn from every end of this Earth; and because we have tasted the bitter swill of civil war and segregation, and emerged from that dark chapter stronger and more united, we cannot help but believe that the old hatreds shall someday pass; that the lines of tribe shall soon dissolve; that as the world grows smaller, our common humanity shall reveal itself; and that America must play its role in ushering in a new era of peace.

To the Muslim world, we seek a new way forward, based on mutual interest and mutual respect. To those leaders around the globe who seek to sow conflict, or blame their society's ills on the West - know that your people will judge you on what you can build, not what you destroy. To those who cling to power through corruption and deceit and the silencing of dissent, know that you are on the wrong side of history; but that we will extend a hand if you are willing to unclench your fist.

To the people of poor nations, we pledge to work alongside you to make your farms flourish and let clean waters flow; to nourish starved bodies and feed hungry minds. And to those nations like ours that enjoy relative plenty, we say we can no longer afford indifference to suffering outside our borders; nor can we consume the world's resources without regard to effect. For the world has changed and we must change with it.

As we consider the road that unfolds before us, we remember with humble gratitude those brave Americans who, at this very hour, patrol far-off deserts and distant mountains. They have something to tell us today, just as the fallen heroes who lie in Arlington whisper through the ages. We honor them not only because they are guardians of our liberty, but because they embody the spirit of service; a willingness to find meaning in something greater than themselves. And yet, at this moment - a moment that will define a generation - it is precisely this spirit that must inhabit us all.

For as much as government can do and must do, it is ultimately the faith and determination of the American people upon which this nation relies. It is the kindness to take in a stranger when the levees break, the selflessness of workers who would rather cut their hours than see a friend lose their job which sees us through our darkest hours. It is the firefighter's courage to storm a stairway filled with smoke, but also a parent's willingness to nurture a child, that finally decides our fate.

Our challenges may be new. The instruments with which we meet them may be new. But those values upon which our success depends - hard work and honesty, courage and fair play, tolerance and curiosity, loyalty and patriotism - these things are old. These things are true. They have been the quiet force of progress throughout our history. What is demanded then is a return to these truths. What is required of us now is a new era of responsibility - a recognition, on the part of every American, that we have duties to ourselves, our nation, and the world, duties that we do not grudgingly accept but rather seize gladly, firm in the knowledge that there is nothing so satisfying to the spirit, so defining of our character, than giving our all to a difficult task.

This is the price and the promise of citizenship.
This is the source of our confidence - the knowledge that God calls on us to shape an uncertain destiny.
This is the meaning of our liberty and our creed - why men and women and children of every race and every faith can join in celebration across this magnificent mall, and why a man whose father less than sixty years ago might not have been served at a local restaurant can now stand before you to take a most sacred oath.

So let us mark this day with remembrance, of who we are and how far we have travelled. In the year of America's birth, in the coldest of months, a small band of patriots huddled by dying campfires on the shores of an icy river. The capital was abandoned. The enemy was advancing. The snow was stained with blood. At a moment when the outcome of our revolution was most in doubt, the father of our nation ordered these words be read to the people:
"Let it be told to the future world...that in the depth of winter, when nothing but hope and virtue could survive...that the city and the country, alarmed at one common danger, came forth to meet [it]."

America. In the face of our common dangers, in this winter of our hardship, let us remember these timeless words. With hope and virtue, let us brave once more the icy currents, and endure what storms may come. Let it be said by our children's children that when we were tested we refused to let this journey end, that we did not turn back nor did we falter; and with eyes fixed on the horizon and God's grace upon us, we carried forth that great gift of freedom and delivered it safely to future generations.

mardi 20 janvier 2009

L'élection de Barack Hussein Obama est la fin d'un processus séculaire



Booker Talafierro Washington (1856-1915) : éducateur, auteur et leader des droits civiques

Dans l'hystérie collective, analysée en son temps par Gustave Le Bon (1), les laudateurs ne savent plus à qui comparer le nouveau messie dont on fête aujourd'hui la venue à Washington. Certains le comparent à John Fitzgerald Kennedy, d'autres à Abraham Lincoln qui, signalons-le au passage, est le fondateur du parti républicain. Mais pour les gogos déboussolés et abrutis par la pensée unique, ce détail n'a pas d'importance. Trois ou quatre élus français seulement ont exprimé leur préférence pour le candidat républicain John McCain pendant la campagne présidentielle. Un seul journaliste, Yvan Rioufol, a dénoncé l'Obamania.

Des esprits chagrins disent que ce sera le second mandat de Jimmy Carter. La comparaison ne manque pas de pertinence. Le trente-neuvième président des États-unis (1977-1981) est à l'origine de la politique de discrimination positive dont on connaît le succès avec l'octroi des prêts hypothécaires à des minorités qui est à l'origine de la crise financière mondiale. Mais qui se soucie dans le novland de ce simple rappel de la vérité ?

N'en déplaise aux laudateurs, le président élu ressemble davantage à Booker Talafierro Washington (1856-1915) Qui était Booker ? C'était un Noir affranchi. Il avait neuf ans quand il migra avec ses parents en Virginie de l'Ouest. Booker entreprit des études en parallèle de son travail pénible dans les champs. Il devint instituteur à seize ans. En 1881, il fonda en Alabama, l'institut Tuskegee, une école de formation des instituteurs réservée aux Noirs. Booker était convaincu que les Noirs ne s'intègreraient vraiment dans la société américaine que par le labeur et l'éducation. Lors de l'exposition internationale de coton à Atlanta, Booker délivra, le 18 septembre 1895, un discours qui devait faire date. Il dénonça l'immigration massive d'européens alors que le Sud du pays avait une population noire inemployée. Il invita les chefs d'entreprise à faire appel en priorité à cette main d'œuvre qui ne demandait qu'à s'intégrer dans la société.

Lorsque Théodore Roosevelt (1858-1919) accéda à la Maison Blanche, dans des circonstances dramatiques, l'un de ses premiers invités fut Booker. Il avait lu son discours et ses essais. Après avoir lu son livre "Après l'esclavage", il clama : "un génie comme lui ne se rencontre pas dans une génération !" Il était de deux ans son cadet.

Teddy ne mesura pas la portée de son geste en invitant un nègre à la Maison Blanche. Un reporter de l'agence Associated Press passa, dans la nuit du 16 octobre 1901, relever le nom des invités à la Maison Blanche. C'était la coutume. Il releva la présence d'un nègre parmi les invités. Le surlendemain, les journaux commentèrent la dépêche de l'agence en des termes virulents. "Le plus grand outrage jamais perpétré par un citoyen des États-unis a été commis par le président en personne quand il a invité à dîner un nègre à la Maison Blanche." Écrivit le Memphis Scimitar. Benjamin Tillman, un sénateur de la Caroline du Sud, déclara : "L'action du président Roosevelt de régaler ce nègre à la Maison Blanche va nécessiter l'exécution de mille négros pour qu'ils réapprennent la place qui est la leur dans notre société."

Même s'il fit front avec courage à cette campagne haineuse, Teddy apprécia le soutien discret de l'avocat abolitionniste Albion Winegar Tournée. Il le remercia dans une lettre du 8 novembre 1901. "La seule chose honorable qu'un chrétien puisse faire, c'est de traiter chaque individu selon ses mérites." (2)

Booker avait été invité par Teddy pour évoquer avec lui la candidature d'un juge fédéral à Montgomery. Depuis la fin de la guerre de Sécession, le Sud était un bastion des Démocrates. Roosevelt voulait mettre fin au patronage en vigueur dans le Sud. Interrogé, Booker proposa sans hésitation la candidature de Thomas Jones, l'ancien gouverneur de l'Alabama. Il y avait une difficulté à cette nomination : Jones était démocrate. Roosevelt s'inclina et nomma Jones comme juge fédéral. La compétence technique primait sur la fidélité politique.

Booker ne cessa de plaider en faveur de la méritocratie, qui, seule à ses yeux, devait permettre aux Noirs d'accéder, un jour, à des postes importants dans l'administration américaine. Il ne faut voir dans l'élection d'Obama que la consécration de ce processus enclenché, à l'automne 1901, par le tandem Roosevelt & Washington. Un siècle de lente maturation des esprits …

C'est tout le contraire de la discrimination proactive menée en France par la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) qui va provoquer une fracture sociale irréparable : les Blancs se sentent menacés dans leur existence même par cette machinerie. "Les réformateurs croient que le changement peut être accompli par une brutale politique" disait le dramaturge irlandais George Bernard Shaw. Gardons l'espoir avec cette citation d'Alexis de Tocqueville : " Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement c'est lorsqu'il commence à se réformer."

(1) Psychologie des foules par Gustave Le Bon aux éditions PUF
(2) Théodore Roosevelt tome II : de Santiago de Cuba à la Maison Blanche par Bernard Martoïa aux éditions Le Manuscrit

Bernard Martoïa

samedi 17 janvier 2009

Le vandalisme de Keynes à l'épreuve des faits



En 1934 dans les toilettes d'un grand restaurant newyorkais, un économiste enleva soigneusement une serviette de la pile à la disposition de la clientèle pour s'essuyer les mains. John Maynard Keynes renversa au sol la pile de serviettes et se mit à la piétiner sauvagement avec ses chaussures (taille 50) en disant que sa façon d'utiliser les serviettes de toilette était plus efficace que la sienne pour stimuler l'emploi dans la restauration. Plusieurs personnes ont rapporté cette histoire, notamment Ludwig von Mises et tout récemment le Wall Street Journal.

Assumant que cette histoire est vraie, elle souligne l'absurdité de la stimulation keynésienne pour relancer l'économie. Le vandalisme de Keynes n'est qu'une variante de la théorie de la fenêtre cassée qui a été dénoncée par Frédéric Bastiat et Henry Hazlitt.

Dans un village, un mauvais garçon lance une pierre sur la vitre d'un commerçant et la brise. Les villageois se rassemblent et déplorent le vandalisme du garçon. Dans l'assistance, il y a une personne éduquée qui a lu Keynes. Elle coupe la parole aux bouseux qui voudraient faire payer les dégâts aux parents du mauvais garçon. " Ce garçon n'est pas si destructeur que cela après tout. Le commerçant aura une vitre neuve à la place de l'ancienne. Avec l'argent gagné, le vitrier va s'offrir une table. Le marchant de meubles sera capable de recruter un assistant ou de s'offrir un nouveau costume, lequel profitera au marchand de vêtements. Ainsi toute l'économie locale en profitera. En fait, le geste de ce garçon est bénéfique pour la société."

Frédéric Bastiat, un économiste pestiféré, dénonça en son temps l'absurdité d'un tel raisonnement. Si le marchand doit remplacer sa vitre pour faire plaisir au Keynésien, alors il ne pourra pas engager un assistant ou s'acheter un nouveau costume. La monnaie a changé de main mais elle n'a pas créé de richesse globale. Le village a une vitre en moins. Il doit rogner sur son épargne pour la remplacer. C'est tout. Pour paraphraser Bastiat, il y a ce qu'on voit et il y a ce que les keynésiens ne veulent surtout pas voir dans leur raisonnement biaisé…

Il en va de même pour le vandalisme de Keynes dans un restaurant newyorkais. Ses fans ont beau jeu de souligner que leur maître à penser a créé un emploi supplémentaire dans l'économie : laver et repasser les serviettes de toilette. Ils passent sous silence que le patron du restaurant aura moins d'argent à la fin du mois pour recruter un serveur et étendre son business.

La fable keynésienne de l'effet multiplicateur

Maintenant, évoquons l'effet multiplicateur dont nous rebattent les oreilles les keynésiens. Avant l'arrivée de Keynes, la ville avait trois restaurants avec des toilettes et des piles bien rangées de serviettes pour la clientèle. Après la tournée triomphale de l'intéressé venu exposer ses théories, la ville est dans le même état qu'auparavant, sauf que les piles de serviettes ont été renversées et piétinées. Pour réparer les dégâts, on recrutera trois personnes de ménage avec l'argent des restaurateurs qui, à leur tour, licencieront trois serveurs. L'épargne a été détruite pour revenir au même niveau de production qu'auparavant. Où est le gain pour la communauté ?


La confusion keynésienne entre création de richesse et création d'emploi

Un patron américain se rend en Chine. Il visite un chantier. Une centaine de Chinois construisent à la pelle et à la pioche un barrage. Il fait remarquer au chef du chantier qu'avec l'utilisation d'une pelleteuse mécanique le barrage en terre serait l'affaire d'une semaine.
"Mais vous n'y pensez pas monsieur, que vais-je faire de mes ouvriers?"
" Ah, répond le businessman, je croyais que vous vouliez construire un barrage. Si c'est des emplois que vous voulez créer, donnez-leur à la place des cuillères !"

Que propose le président élu ? Créer trois millions d'emplois avec 600 milliards de dollars qu'il empruntera sur les marchés obligataires. C'est la même chose sauf que ce sera le contribuable américain qui paiera à la place des trois restaurateurs les frasques des Keynésiens. L'ardoise est de deux mille dollars pour chaque foyer américain qui est déjà très endetté.

Il en va de même du plan Sarkozy qui a été avalisé par le parlement croupion. Si vous voulez créer des emplois, monsieur le président, invitez les jeunes oisifs des banlieues à brûler les voitures non pas seulement le jour de l'An mais chaque premier jour de mois. Que ces jeunes, guidés par des cadres écologistes, choisissent de brûler en priorité des voitures sales et polluantes ! Proposez ensuite une prime à la casse aux propriétaires afin qu'ils se rachètent un modèle estampillé "écolo". Ainsi les usines de Renault et de Peugeot pourront remplacer leurs chaînes de montage anciennes par de nouvelles aux normes contraignantes des eurocrates de Bruxelles. Ainsi sera sauvée, monsieur le président, notre industrie automobile.

Adrian Rogers disait ceci : "Vous ne pouvez pas multiplier la richesse en la divisant. Essayer d'étendre la richesse à travers un système de redistribution n'apportera pas la prospérité. Il va seulement étendre la misère à tout le monde, quoique de façon plus équitable entre les ménages."

Antietam Creek




battle of Antietam by Kurz and Allison





Sunday 14 September 2008

My trail angel drops me on the parking lot of Wall Mart. That store epitomizes the giant American dream. Shopping is pleasant on a Sunday morning when few people are crowding lanes. I am tormented between desire (to buy plenty of food) and harsh reality (the weight of the food in the backpack for my injured shoulders). I stick to my routine. For breakfast I eat Quaker instant Oatmeal. I love the box containing apple & cinnamon, peaches cream, maple & brown sugar, strawberries cream, banana cream and raisins & spice. I drink two cups of hot chocolate. Three hours later, I stop for a snack. It is composed of cheese, poached tuna and dry meat. After that I eat every couple of hours a bar of cereal and eventually a gel. Gu patented in 1991 this carbohydrate for athletes. It gives a real boost to the body in the middle of a strenuous effort. It contains one hundred calories in a tiny pack of thirty two grams which costs two dollars. This valuable energy pack is sold only in Outfitter shops. The only meal is taken at camp site: Ramen soup, rice or pasta. A Ramen soup cost only fifty cents. It is quite boring but I don't have time to cook during the day. I eat more and better when I stop in town. Alongside the Appalachian Trail it is easy to obtain fresh supplies. The longest stretch never exceeds one hundred miles. That represents between four days for a sturdy hiker or a week long for an average one.

After Wall Mart I hitch hike back to the trail. The first car stops. The driver is an old hippie man; he has a ponytail like his smiling wife who wears a pair of blue overalls. Their car is a Jeep with two seats only. I squeeze myself in the trunk while pushing a load of boxes from Wall Mart. Five minutes later I am at the trail head. I thank my driver while checking if I still have in my pockets the treasured bits of foam rubber.

An hour later I arrive at Deer Lick Run Shelter. There is a picnic table in front of the shelter. I start eating when a south bounder shows up. The guy is ending his trip at Pen Mar where he has parked his car. He lives in a suburb of Philadelphia. Tomorrow he will resume his job of plumber. He is not Joe the plumber, the famous one featured during the campaign. We talk pointlessly of drink when he confesses me something that bothers him.
"My brother and his friends make fun of me because I don't drink beer with them. I don't like beer. I prefer a glass of wine. They said I am a chicken."
"Well my friend, they won't change your taste and it is useless you attempt to reason your brother out of a thing he was never reasoned into."
My answer quells his anxiety. I gulp kiwi fresh juice to show him that men can drink anything else.
"How is the trail?" I inquire of to my fellow plumber.
"Downhill for you for a long while!" He adds: "Am I far away from Pen Mar?"
"You're nearly there, two or three hours."
While I bid him farewell, I tell him: " Drink whatsoever pleases you!"
He smiles back.

The path goes down to Antietam Creek. At the crossing of the river on a foot bridge, I stop to marvel at the surrounding. It is a perfect camp site with grass on the bank and shade offered by pine trees. I notice a tent on the other shore down the stream of the river. A young couple is packing clothes in a giant plastic bag. If they have so many clothes, they are not hikers. Are they homeless? If not they have deliberately settled here for vacation. I understand them. They can survive with fish and game.

It is hard to believe what happened, one day, in this paradise. At the end of the day of September 17, 1862, water was red of blood. In the bloodiest single-day battle in American history, twenty-three thousand men perished alongside that attractive river. How such a perfect spot on earth has become one day a butchery? Such occurrence remains a mystery. How do we figure out a giant battle? We have in mind the reference book War and Peace from Leo Tolstoy. At the battle of Austerlitz on December 2, 1805, freezing fog in the valley served well the French army which stormed by surprise the Russian-Austrian coalition who felt wrongly secured on a top of a hill. Young nobles surrounding tsar Alexander I stampeded when they saw fierce grenadiers coming out of nowhere. But here in Antietam Creek, circumstances were different. It was a pleasant sunny day at the end of summer in a quiet farm country with corn fields and rolling hills. There was no surprise when Union army, led by Major General George McClellan, launched at dawn its attack on the entrenched confederate army of Robert Lee. The front was four miles wide.

In her winner book of the 2006 Pulitzer Prize, Geraldine Brooks depicts, in the first chapter, a terrifying account of March, a chaplain from Concord in Massachusetts, who failed to rescue a wounded soldier in the stream of the River. An excerpt from her book send the shiver down the spine. "We broke the surface, spewing red-brown water. I still had a grip on his tearing jacket, and if he had stopped his trashing, even then, I might have seized a stouter handful of cloth. But the current was too fast there, and it tugged apart the last few straining threads. His eyes changed when he realized. The panic just seemed to drain away, so that his last look was a blank, unfocused thing - the kind of stare a newborn baby gives you. He stopped yelling. His final sound was more of a long sigh, only it came out as a gargle because his throat was filling with water. The current bore him away from me fee first."

Sometimes a miracle happens. It is the case with US Airways flight 1549. Captain Chesley Sullenberger landed safely its plane on Hudson River after its two engines were hit by a flock of Canadian geese. The plane not only landed without breaking into pieces but also bobbed up after such harsh landing. That was the first miracle. The second one is not well known. The emergency doors at the tail of the plane remained sealed despite efforts of trapped passengers to open them. The plane would have sunk immediately in the icy water if they had succeeded. It saved the life of all passengers who were able to get out from the plane by the two exits on the wings. The third miracle was the site of the crash. The plane floated long enough in the stream for a spontaneous rescue operation took place with Ferry Boats passing by. The best and the worst are part of this world.

mercredi 14 janvier 2009

Macro économie versus micro économie


Frédéric Bastiat (1801-1850) est un économiste français très admiré en Amérique.

Pour justifier son plan de relance, le gouvernement français a précisé que cet argent servirait en priorité aux dépenses d'investissement. Les sceptiques s'interrogent sur le bien fondé de la mesure et sur son financement sur les marchés obligataires.

La France a-t-elle besoin d'un plan d'investissement ?

Les ministres ont sans doute à l'esprit le plan de relance du gouvernement Mauroy de 1981. Celui-ci s'était soldé par un fiasco qu'il faut rappeler. Alors que l'économie mondiale entrait en récession, les socialistes décidèrent d'appliquer la théorie générale de l'emploi, de la monnaie et du crédit de John Maynard Keynes. Cette théorie fut inventée en 1936, l'année du Front Populaire, une manière à la gauche de fêter son retour au pouvoir… Pour palier la faiblesse du secteur privé, le gouvernement eut l'idée de recruter des fonctionnaires. Cela fut une aubaine pour ceux qui furent admis dans la fonction publique.

Ce pouvoir d'achat artificiel, distribué à quelques milliers d'heureux, profita au reste du monde. L'économie française fut incapable de répondre à cette demande. La balance des paiements et la balance commerciale de la France furent largement déficitaires en 1982. Pour freiner l'invasion des produits électroniques asiatiques, le gouvernement eut l'idée d'établir un seul point d'entrée en France. Poitiers fut la ville choisie pour dédouaner ces produits. La symbolique était forte avec Charles Martel stoppant l'invasion des Maures à la bataille de Poitiers en l'an 732. François Mitterrand connaissait le sens de l'histoire. On ne peut en dire autant de son successeur. Jacques Chirac organisa un référendum sur la constitution européenne le 29 mai 2005 : le jour anniversaire de la chute de Constantinople qui marqua la fin de l'empire chrétien d'Orient.

La dévaluation de la monnaie fut vécue comme un affront à notre orgueil national. Le président François Mitterrand changea subrepticement de cap. Il s'engagea dans un plan de rigueur mené par son ministre de l'économie Jacques Delors. Il n'avoua pas aux Français qu'il s'était trompé d'époque. La théorie de Keynes datait de 1936 quand les économies étaient fermées. Mais avouer son erreur l'eût condamné à perdre ses chances de réélection en 1988.

La relance mondiale et le problème du passager clandestin

Conscients de l'inadaptation de la théorie keynésienne dans un monde moderne, les cigales se disent qu'il faudrait organiser une relance à l'échelle mondiale. Mais pour que ce plan ait une chance de réussir (ce que contestent les tenants de l'école autrichienne) il faut que tout le monde y participe.

Pourquoi tout le monde ? Ce "tout" en question fait référence à un exemple tiré de la sphère syndicale. Lorsqu'une grève est menée et que les revendications des grévistes sont acceptées par le patronat, les non grévistes reçoivent les mêmes bénéfices. Ils n'ont pris aucun risque en ne participant pas à la grève et pourtant ils sont récompensés comme les autres. C'est pourquoi dans l'industrie automobile américaine, les syndicats ont imposé que tous les salariés paient une cotisation syndicale. Un col bleu ne peut pas prétendre à un emploi dans cette industrie sans passer par les fourches caudines du syndicat que l'on appelle "agency shop."

Dans l'économie, il existe aussi des situations qui profitent à certains. Comme la science économique se veut amorale, elle a donné à ce type de comportement le nom de "passager clandestin" ou "free rider" en américain.

Ce plan de relance mondiale n'intéresse pas tout le monde. La fourmi allemande a travaillé et épargné pendant la belle saison ; elle ne veut pas y être associée. Elle a suffisamment de provisions pour lui permettre de passer l'hiver sans encombre. Le fossé se creuse entre Paris et Berlin. La cigale houspille la fourmi. Elle lui reproche son avarice. La fourmi ne veut pas ouvrir les cordons de la bourse. Elle a doublement raison de ne pas le faire. Sur un plan moral, céder ne lui apportera aucune reconnaissance de la part de la cigale. Les Allemands ont donné le nom de club Méditerranée aux pays qui sont toujours débiteurs dans l'Euroland. Sur un plan économique, une relance ne fait qu'accroître les déficits.

La vision simpliste de l'investissement par les Keynésiens

Mark Thoma est un économiste de l'université de l'Orégon sise à Eugène. Il cite l'exemple d'une ville où existerait le plein emploi. Le principal pourvoyeur d'emplois est une usine de gadgets électroniques. La ville en question est divisée par une profonde vallée. Il existe un pont reliant les deux parties de la ville. Il est emprunté par les voitures uniquement. En raison de son délabrement, le pont a été interdit à la circulation des camions qui sont obligés de faire un long détour pour se rendre à l'usine en question. Si le gouvernement essaie de réparer le pont ou d'en construire un second pour les camions en période de plein emploi, il accaparera des ressources utilisées ailleurs. Par exemple, une grue occupée à la construction d'un immeuble sera déplacée pour la réparation du pont en question. L'intervention du gouvernement perturbe l'activité économique sans qu'il y ait un accroissement général de la production.

Supposons que la récession frappe la ville. L'usine est contrainte de fabriquer moins de gadgets puisque la demande diminue. Elle débauche son personnel. Le gouvernement peut relancer l'activité de la ville en réparant le pont ou en construisant un second pour les camions. Il dispose d'une main d'œuvre non utilisée (les chômeurs de l'usine) et d'une grue disponible en raison du ralentissement de la construction d'immeubles. Dans une dépression, le choix ne serait plus entre un nouveau pont ou une nouvelle usine, mais entre un pont ou pas de pont du tout.

Le défaut majeur de la théorie keynésienne est son aspect purement macroéconomique

Dans ce scénario, il suffirait d'embaucher la main d'œuvre oisive (les ouvriers licenciés de l'usine de gadget) et d'utiliser des ressources non employées (la grue) pour retrouver le plein emploi de la ville. Les Keynésiens ignorent la complexité de la structure capitaliste. Pour construire un pont, il ne suffit pas d'une main d'œuvre générique et d'une grue. Il faudra du carburant pour transporter un personnel qualifié sur le chantier. Il est impensable de faire appel aux ouvriers licenciés de l'usine de gadgets électroniques pour la construction du pont. Ensuite, une grue ne suffira pas. Il faudra des clous, des planches, des scies et plein d'autres matériaux et outils qui seront retirés inévitablement du marché. Tous ces éléments ignorés ne sont pas des ressources inutilisées par le secteur privé. Le grand chantier public se fera au détriment de milliers d'investissements privés. Comme le disait notre grand économiste Frédéric Bastiat (1801-1850), il y a ce qu'on voit et il y a ce qu'on ne veut surtout pas voir dans toute décision prise par un gouvernement.

Pour les Keynésiens, l'économie se résume à des ajustements de variables de température et de pression comme dans une usine à gaz. S'il y a une baisse dramatique d'activité dans le secteur bancaire, dans l'automobile ou bien dans le bâtiment à la suite de la crise des subprime, il suffit de lancer des grands travaux d'infrastructure. Le New Deal de Roosevelt est leur seule référence.

La main d'œuvre n'est pas plus interchangeable que les biens de production. On ne peut pas faire appel à un banquier licencié pour la construction d'une usine de traitement des eaux usées. Le banquier ne retrouvera peut être pas un emploi dans la banque mais il trouvera, au bout de quelques mois de recherche et d'une éventuelle formation, un emploi dans le secteur tertiaire. Pas plus que l'on ne pourra utiliser une bétonneuse pour un autre usage que pour ce qu'elle a été conçue. Si la demande mondiale de béton baisse, elle ne sert plus à rien. C'est la conséquence d'un surinvestissement engendré par la bulle immobilière. Tout comme les piscines en Californie ont été transformées en patinoires par la faute des Keynésiens. Confer mon article du 29 décembre 2008. Ce processus d'ajustement post-crise ne se décrète pas dans les cabinets ministériels. Il en est ainsi de la structure capitaliste très complexe qui fait appel à des millions de décisions individuelles qui s'ajustent les unes aux autres en fonction des indicateurs du marché. A condition que le gouvernement ne change pas sans arrêt la règlementation et la fiscalité qui faussent le marché.

Le coût d'un investissement public est toujours passé sous silence

Paul Krugman a dit récemment : "Normalement nous devons être vigilants à ce que les fonds publics soient dépensés sagement ; mais à présent, le point crucial est que l'argent soit dépensé vite." Donnez-lui vite un hélicoptère pour répandre l'argent à tort et à travers !

John Maynard Keynes, considéré l'homme de l'année 2009 par le Figaro, suggéra d'enterrer des bouteilles contenant des billets de banque dans les mines désaffectées et de laisser le secteur privé les déterrer. C'était un moyen comme un autre de soutenir la demande…

Tout se passe comme si les cigales avaient à leur disposition beaucoup d'argent. Il n'en est rien. Elles devront l'emprunter sur les marchés obligataires et à un taux élevé. Mais les cigales s'en moquent éperdument puisqu'elles ne disent jamais comment elles vont financer leurs projets. Tout ce qui compte pour elles, c'est d'épater la galerie par les effets d'annonce. Cela les valorise d'être généreuses avec l'argent des autres. Elles ne dépenseraient pas de la même façon si cet argent était le leur. Elles seraient sans doute plus prudentes dans leurs choix. Elles évalueraient longuement la rentabilité d'un projet en pesant tous les risques. En bref, elles feraient ce que font tous les chefs d'entreprise du secteur privé.

Quand l'État emprunte autant d'argent sur le marché obligataire pour refinancer sa dette, il assèche inévitablement le marché à son profit. Autant d'investissements qui ne sont pas réalisés aujourd'hui par le secteur privé, autant d'emplois qui ne seront pas créés demain selon l'adage du chancelier Helmut Schmidt.

Le meilleur investissement à réaliser en France serait que l'État se recentre sur ses fonctions régaliennes (armée, police, justice et affaires étrangères) et abandonne tout le reste au secteur privé. La nomenklatura qui se repaît sur la bête ne veut pas en entendre parler.

dimanche 11 janvier 2009

La confusion entre cause et effet



une publicité en faveur des flocons de céréales de Bernanke...


"La tache d'un vrai intellectuel consiste à analyser les illusions en vue de découvrir leurs causes."

Arthur Miller

Haro sur le libéralisme ! La cause est entendue. C'est le capitalisme débridé des Américains qui nous a conduit à la catastrophe. On assiste à un retour en grâce de John Maynard Keynes. Le Figaro lui a consacré un article flatteur : Keynes, l'homme de l'année 2009. "Qu'ils soient de gauche ou de droite, partout les gouvernements, depuis le début de la crise, se réclament de lui pour sortir leurs économies de l'ornière," écrit en préambule Jean-Pierre Robin. Même les travers sexuels de l'intéressé sont admirés : " Ses amis bobos de Bloomsbury, aux idées pourtant très larges, seront stupéfaits lorsqu'il leur annonce en 1925 son mariage avec Lydia Lopokova, une danseuse étoile des Ballets russes de Serge Diaghilev. Leur ami n'avait-il pas jusqu'alors multiplié les liaisons homosexuelles ?" Et en prime l'estampille de l'establishment français : «Politique chez les intellectuels, intellectuel chez les politiques», écrit Alain Minc, qui déborde d'admiration pour ce «touche-à-tout», au point de lui consacrer une biographie enthousiaste. «L'homme Keynes est fascinant. Peut-être encore plus grand que son œuvre», avoue l'essayiste français qui semble en avoir fait un modèle personnel." La brosse à reluire n'a jamais autant servi au Figaro.

N'en déplaise aux béats keynésiens, le massif plan de relance que s'apprête à lancer le président élu, dès son arrivée à la Maison Blanche, n'est pas un remède à la crise. Il va l'aggraver en creusant la dette abyssale de son pays. Il se pourrait que les agences de notation qui sont vertement critiquées de nos jours, décident, pour regagner leur crédibilité perdue ou tout simplement pour éviter de disparaître comme Arthur Andersen, de dégrader la note du Trésor américain. Ce serait un sérieux avertissement lancé aux béats keynésiens.

Les admirateurs de Keynes n'ont pas compris l'origine de la crise financière. Ils confondent les causes et les effets. Carl Menger (1840-1921) est le fondateur de l'école autrichienne d'économie. Dans son ouvrage "Principes de l'Économie," il disait ceci : "Tous les évènements sont sujets à la loi de la cause et de l'effet. Ce grand principe ne connaît pas d'exception, et nous chercherions en vain dans le monde réel un exemple contraire."

La crise financière actuelle est la conséquence du plan de relance de l'administration Bush après les attentats du 11 septembre 2001 et l'éclatement de la bulle internet. L'économie américaine fut plus touchée que d'autres par cette folle spéculation sur des sociétés qui n'avaient, pour certaines, même pas de revenus. Le Nasdaq, le marché des valeurs de technologie, fut plus sévèrement sanctionné que le NYSE (marché des valeurs traditionnelles) à Wall Street. L'indice Nasdaq qui avait atteint le record de 5048 points le 10 mars 2000, toucha l'abysse, le 9 octobre 2002, en clôturant ce jour là à 1114 points. En l'espace de dix-neuf mois, l'indice avait perdu 78% de sa valeur.

Bush convoqua Greenspan à la Maison Blanche. Il lui demanda de relancer la machine. Le maestro s'exécuta en abaissant le taux d'intérêt directeur à 1% et il le conserva à ce niveau bas pendant trop longtemps. Heureusement qu'en Europe on a une banque centrale indépendante des politiques ! Le président de la République n'a cessé de critiquer la rigueur imposée par la B.C.E. Il aimerait qu'elle soit plus accommodante. N'en déplaise au président français, l'objectif d'une banque centrale est unique : combattre l'inflation. C'est le drame de la Fed qui ménage la chèvre et le chou en poursuivant deux objectifs contradictoires : combattre l'inflation et maintenir le plein emploi.

L'argent déversé par hélicoptère (helicopter drop dans la lexicologie de Wall Street) pendant les années 2003 et 2004 favorisa de mauvais investissements, notamment dans l'immobilier où une bulle se développa. Bernanke et Gertler ont écrit ensemble un papier, en 1999, dans lequel ils arguèrent que la Fed devait ignorer les bulles et s'en tenir à sa politique traditionnelle de contrôle de l'inflation. Si une bulle éclate, dirent-ils, la Fed pourrait toujours abaisser les taux d'intérêt pour minimiser les dommages sur le reste de l'économie. Pour supporter leur thèse, ils présentèrent une série de simulations faites sur un ordinateur, qui, en apparence, montraient qu'une politique destinée à lutter contre l'inflation, stabiliserait mieux l'économie qu'une politique axée sur les bulles.

Henry Kaufman, un économiste renommé de Wall Street, répondit à Bernanke et à Gertler qu'il serait irresponsable de la part de la Fed d'ignorer une spéculation rampante. Rudi Dornbusch, un professeur au M.I.T (il est mort entre temps) pointa que Bernanke et Gertler ne tenaient pas compte que le crédit pouvait s'assécher après l'éclatement d'une bulle, et qu'un tel développement aurait de sérieuses conséquences sur l'économie. Remarquable prescience du disparu ! Dornbusch était de nationalité allemande ; il avait sans doute lu Carl Menger. Cet économiste autrichien n'est pas au programme de l'E.N.A, l'école qu'a fréquenté Alain Minc. L'épargne a été détruite par l'explosion nucléaire du marché et il faudra une décennie pour la reconstruire. C'est ce qu'ont compris instinctivement les ménages qui réduisent leur train de vie pour reconstituer leur épargne. Les banquiers font de même en reconstituant leurs fonds propres qui ont été dévastés par les produits toxiques.

Ce lent processus de reconstitution de l'épargne ne s'accorde pas avec l'agenda des politiques. Ils voudraient relancer le plus vite possible la machine pour maximiser leur chance d'être réélu. La loi d'airain des politiques est différente de celle du marché. On a longtemps fait croire au public américain que la Fed pouvait maintenir éternellement une croissance soutenue. C'est la fumeuse théorie du surplus d'épargne dans le monde inventée par Bernanke. Stephen Roach, le président du bureau de l'Asie de Morgan Stanley, était parmi les économistes à presser la Fed d'ajuster sa politique. Voici ce qu'il disait. "Bernanke a joué un rôle clé dans le développement de la théorie du "surplus d'épargne dans le monde", que la Fed a utilisé comme une excuse très commode pour dire que nous faisions au monde une grande faveur en maintenant notre demande. Avec le recul, nous n'avions pas un surplus d'épargne au niveau mondial, nous avions un surplus de consommation en Amérique. Dans tous les cas, Bernanke était complice dans les bourdes colossales commises par la Fed." Cette leçon n'a pas été retenue par Obama qui s'apprête à donner 1000 dollars à 95% des contribuables américains.

Hélas pour le nouveau roi, l'usine à gaz que ses prédécesseurs n'ont cessé de bricoler, a explosé. Le roi est nu. On ne s'apitoiera pas sur son sort. Plus grave est la confusion volontairement entretenue entre cause et conséquence. Si demain vous perdez votre emploi ou votre maison, ne blâmez pas les capitalistes mais les politiciens qui prônent une relance criminelle ! Il n'y a pas d'autre mot pour qualifier un acte qui condamne l'avenir des générations qui nous succèderont.

samedi 10 janvier 2009

Waynesboro


the porch of elegant dining in historic setting


Sunday 14 september 2008

I've dreamed of a dark hair woman. Who is she? I try to recollect my thoughts but I can't figure out if I have met her or not in real life. I wake up in a king bed. Despite its size sheets are unwrapped and one of my arms is dangling on the floor. I can't remember how I managed to enter my room last night. Rays of sun lit the carpet.

Last night I indulged myself with half-litre carafe of chardonnay. There were two women seated at the next table inside 1912 Hoover House restaurant. They left early and I was alone after in the dining room. People preferred eating outside on the porch. Without anyone to talk with I swigged two glasses in less time to write it.

My soles are still burning from the wet socks I wore yesterday. It is 7.30 am. A beautiful day is in the offing. After three days of rain, a clear blue sky is waiting for me on the trail. With that bright prospect in mind, I hurry up for breakfast. I wear sandals. I always have a pair of sandals in my backpack and I always have the same brand: Teva. I have replaced my worn out sandals. I buy the model for women because it is lighter than the model for men. Since my adventure on the Pacific Crest Trail I have learned my lesson. Weight is the main culprit of long suffering. Never neglect to spare an ounce! The model for women is less sturdy but I don't weight too much and I don't hike too much with sandals. Crocs are lighter than Teva. I don't like their loose attachment. The souvenir of the old lady lying on the floor after a bad fall, at the Inn in Harpers Ferry, is not forgotten.

Main Street is empty. There is no café open on Sunday morning. I take a continental breakfast inside the Best Western hotel. I ask to the manager if there is a Laundromat in the vicinity. "Yes there is one next door!" In fact the self service does not sell any soap and does not provide any change of money. I go back to the hotel. The manager is sorry for me. He accepts to wash my clothes at his facility.
-Do you have any turpentine to remove the stains of painting?
He is baffled. I am not sure he knows turpentine.
-I'll call the handyman.
Two minutes later the handyman shows up. He knows turpentine but he doesn't use it here.
-A shop in downtown is selling it. (The shop is in fact a mile away).
-Too far away for a pedestrian. Don't you have any substitute?
He thinks he has something in his garage. He comes back with a bottle.
-Let's try it in the sink of the kitchen!
-Sir I decline any responsibility if it ruins your clothing, answers the concerned manager.
-Don't worry I won't sue you for it! I'll do it myself.
(We are in the kitchen now)
-The clientele is not allowed to enter here.
-Can you make an exception for me, please? The manager is annoyed by my daring behaviour.
The handyman drops the pungent chemical liquid on my clothes.
- Don't rub it, we'll wash them now, answers the manager.

The laundry is next door. I give a five dollar note to the manager who is pleased. I don't know if he is to help me or by the amount of the tip.
-I'll call you back when washiiing is done, said the Indian manager who accentuates every vowel.

I go back to my room and start assembling my stuff. Yesterday I unfolded the tent and hanged up every item to dry. On Weather Channel I watch the forecast: a good week in the offing with hot temperatures. 93° F today in Waynesboro! I need to drink plenty.

The phone rings.
-Your laundry is done. Do you mind to come to collect your stuff?
-I come right away!
The manager lets me pick up my belonging. The stains are still on the clothes. The substitute of turpentine didn't work out. I am disappointed but the manager is pleased that my clothing is not ruined.
- Put your clothing in the dryer, please and come back later.
- No sir, with your permission, I prefer to stay here and watch if the drying is not too hot for my delicate material.
- It is not open to the public.
- Don't worry! I won't steal any sheet or towel. (There is a mountain of bags of dirty clothes)
The manager is jarred. His wife and a cleaning lady are calling him. He gives up.

When my clothes are dry, I go back to my room and put them on. I am ready to leave the hotel. I stop by the office. My bill is not ready. The wife of the manager prepares it. I smell an Indian cooking from the private kitchen.
-What are you preparing today?
- Tandoori chicken, we are a big family.
I have seen three other Indian women working in the kitchen.
-Are you pleased by your stay here?
-Yes I am. She smirks when I show proudly my clean shirt.

The streets are desert today. I need a ride to a supermarket before resuming the hike. I walk two blocks when a red car stops. The driver is a man in his thirties. He has hiked twice the Appalachian Trail in the past. He is pleased to help me. We engage in a quick talk. At a parking lot in front of a store he drops me. When I pick up my bag on the back seat, I realize that one piece of mattress used for the shoulder strap is missing. I am distraught. That piece of foam rubber is vital to alleviate the pain of my injured shoulder. I am looking desperately on the cluttered back seat.
-Have you lost something?
-Yes I have.
-What is it?
-Just a piece of foam rubber for my shoulders.
I tell him my story, the injury which has plagued me this summer and the miracle to be back on the trail.
- I think I've lost it when I've dropped the bag on the back seat. It is probably on the curb side.
-We'll find it, answers the concerned driver.

He drives me back. The boulevard is one-way. My driver takes several streets to come back. I am nervous. Will I retrieve the missing part? My driver remembers well where he picks me up. Back on the boulevard, he drives slowly.
-Hey, it is here! I can't stop now; there is a car behind us, he said while looking on the rear-view mirror.

When he can park his car at the next block, I dash on the curb side. A dog and his master walk aimlessly on the boulevard. Suddenly, my eyes flash a blue dot. I grab my foam rubber like I find a gold nugget. How vulnerable I am to a rubbishy missing part! (Continued next week)

mercredi 7 janvier 2009

Les agences de notation de l'économie de casino



Warren Buffett, le sage d'Omaha, vit dans la même maison qu'il a acheté, en 1958, pour un montant de 31.500 $


"Quelle société ne serait point basée sur la cupidité ? Le problème est de trouver un arrangement dans lequel la cupidité s'avère indolore. Le capitalisme est ce type d'arrangement."

Milton Friedman

S'il n'y avait qu'un seul coupable dans la crise financière, ce serait si facile de le désigner à la vindicte publique pour tourner la page. Plus on creuse le sujet, plus on se rend compte de la complexité de cette crise financière qui a dégénéré en récession économique mondiale. Comme dans la tragédie du Titanic, c'est une multitude de fautes commises à chaque échelon qui est à l'origine de la débâcle financière. Après la S.E.C, les agences de cotation sont sur la sellette.

La faillite retentissante d'Enron en 2001 provoqua, dans son sillage, la disparition de la société Arthur Andersen qui certifiait ses comptes. Un scandale analogue concerne aujourd'hui les agences de notation de crédit à propos des notes excellentes qu'elles ont décerné presque jusqu'à la fin aux subprimes.

Le despotisme "éclairé" de la Fed

Si ces agences avaient fait leur travail sérieusement, ces produits toxiques n'auraient jamais pu être refilés aux banques européennes. John Cassidy, le journaliste du New Yorker, a donné son explication. "White et ses collègues continuèrent à tirer l'alarme à propos d'une bulle immobilière mondiale, mais leurs appels furent largement ignorés aux États-unis. "Dans le champ de l'économie, les académiciens américains ont une si grande réputation qu'ils balayent toute opposition qui leur est faite", m'a dit White. "Si vous ajoutez la réputation personnelle du Maestro" - Greenspan - "il était très difficile pour n'importe qui de venir dire que des problèmes s'accumulaient."

William White a travaillé à la Banque des Règlements Internationaux de Bâle. La B.R.I est réputée pour son expertise. C'est elle qui fixe les standards que doivent respecter les banques. Entre la contestation d'un obscur conseiller économique de la B.R.I et la parole du Maestro, le marché avait une confiance aveugle dans ce dernier. Toujours à propos du Maestro dont on louait la lucidité, il déclara, en 2005, ceci : "Autrefois, les demandeurs non solvables se voyaient refuser une demande de crédit. Maintenant, les prêteurs sont capables de juger efficacement le risque posé par un demandeur et de fixer un taux d'intérêt reflétant le risque encouru."

L'historique des quatre sœurs du rating

Le marché du crédit américain est l'apanage d'un cartel : A.M Best, Fitch Ratings, Moody's et Standard & Poor's. La complexité des montages financiers structurés et la réputation d'une maison dont dépend son activité sont les deux raisons pour lesquelles il est très difficile pour un concurrent d'entrer sur ce marché.

A.M Best fut fondée en 1899 par Alfred Best. Elle est la seule à se spécialiser dans un secteur : l'assurance. Les compagnies d'assurances émettent des obligations, du papier commercial et aussi des produits dérivés. Parmi ses clients, figure American International Group (A.I.G) dont le sauvetage a déjà coûté la bagatelle de 145 milliards de dollars au contribuable américain. A.I.G perdit son triple AAA le 23 mai 2008. Ses consœurs s'empressèrent d'abaisser leur note pour ne pas être en reste. Un peu tard pour une mise en garde...

Fondée en 1913 par John Fitch, Fitch Ratings n'est plus une société indépendante. Fimalac, une holding française, a pris une part significative dans son capital. Fitch est très active dans le marché des C.D.O (collaterized debt obligations) dont Warren Buffett, le légendaire investisseur, les a comparés à des armes de destruction massive de richesse.

Fondée en 1909 par John Moody, cette agence détient 40% du marché mondial de rating! Non contente de détenir la première place, elle est accusée de racket par des clients qui ont refusé ses services. C'est le cas de l'assureur allemand Hannover Re à qui Moody's a proposé un rating gratuit. L'assureur a refusé. Moody's le harcela mais le Teuton tint bon. Un jour Moody's abaissa sa note alors qu'il n'avait aucun contrat avec lui. La fourmi allemande refusa de céder au chantage. Alors Moody's abaissa la cotation de Hannover Re à celui d'obligation pourrie (junk bond) La compagnie d'assurance perdit 157 millions de dollars en quelques heures après la publication de cette note désastreuse. La mafia ne désapprouverait pas la méthode.

Standard & Poor's est la doyenne. C'est elle qui lança cette activité d'évaluation après la guerre de Sécession. Henry Varnum Poor publia un livre d'histoire sur les voies ferrées. Ce premier livre livrait des informations financières inédites sur les sociétés de chemins de fer. Avec son fils Henry, il établit une version annuelle du livre qui devint le "standard" pour Wall Street. En 1906 la société passa à la vitesse supérieure en publiant des notes ponctuelles en cours d'année. En 1941, la société Standard absorba la maison d'édition Poor's. Le nouvel ensemble, baptisé Standard & Poor's, prospéra. En 1966, il fut absorbé par le géant de l'édition, The McGraw-Hill Companies.

Trancher le nœud gordien

Les agences de notation de crédit sont rémunérées par les émetteurs d'emprunt à qui elles attribuent une note. Il n'était donc pas dans leur intérêt d'être sévère dans leur notation si elles voulaient garder un bon client. Ce conflit d'intérêt est curieusement passé sous silence. A ma connaissance, Michael Lewis est le premier journaliste à relever cette anomalie. Le capitalisme de copinage fausse les notes qui sont attribuées aux émetteurs d'emprunt. Lewis propose une solution radicale. " Mettre fin au statut des agences de rating. Compte tenu de leur performance, il est difficile de comprendre pourquoi ces agences sont encore en activité. Il n'y a pas de doute que le monde se porterait mieux sans elles. Il devrait y avoir une loi prohibant que les émetteurs d'emprunt paient une commission pour avoir une notation. Soit les investisseurs paient une agence, ou si la notation paraît indispensable pour éclairer le public, ces agences devraient être rémunérées par le Trésor public."

L'éternel débat entre sphère publique et sphère privée

Nul doute que ces agences de rating seraient remplacées par de lourdes structures administratives au pays du Colbertisme ! Pour d'autres, il faut laisser le marché s'autoréguler. Cette option a conduit, comme on l'a vu, au capitalisme de copinage.

En finir avec les usines à gaz de la finance

Il y a un autre problème que l'indépendance des agences de rating. C'est celui de la complexité des produits structurés dont elles sont censées évaluer le risque. Avec l'aide de mathématiciens, des banques comme celles de la SocGen mirent au point des produits financiers sophistiqués dont personne, y compris le président énarque Daniel Bouton, ne connaissait les risques qu'ils présentaient.

Qu'importe la transparence des marchés financiers si personne ne comprend comment ils fonctionnent ! Warren Buffet, le sage d'Omaha, a fait sa fortune en n'investissant que dans des sociétés dont il comprenait le business. Il a commencé par une usine textile, Berkshire Hathaway, dont il a gardé le nom pour son empire financier. Sa fortune personnelle de 62 milliards de dollars le mettrait à la 82ème place dans le rang mondial des États du monde, juste derrière l'Ouzbékistan, mais laissant derrière lui 147 autres États.

L'économie de casino

En forçant le trait, on peut dire que les obligations hypothécaires à haut risque (subprime) ont été créées pour que des investisseurs malins, usant des credit-default swaps (C.D.O) ou des mortgage back securities (M.B.S) puissent s'adonner à une spéculation massive qui était déconnectée des sous-jacents.

Lewis est catégorique. " Appelez cela une assurance si vous voulez, mais ce n'est pas le type d'assurance que les gens entendent. C'est comme si vous achetiez une assurance contre l'incendie pour la maison de votre voisin, laquelle représente probablement dix fois la valeur de cette maison, à une compagnie d'assurance qui n'a pas vraiment la capacité de vous rembourser si quelqu'un met le feu à tout le quartier." Sa comparaison est excellente.

Dans une éventuelle réglementation de ces produits dérivés, le plus important serait de s'assurer que ceux qui vendent ce type d'assurance, ont le capital nécessaire pour se livrer à ce genre de spéculation rampante. Des millions de gens vont perdre leur emploi et leur maison à cause des spéculateurs qui sont parfois les mêmes personnes qui ont joué dans cette économie de casino.

dimanche 4 janvier 2009

Le capitalisme de copinage



Carlo Ponzi (1882-1949) travaillant, en 1920, dans son bureau de Boston à la construction de sa pyramide financière. Elle est devenue la référence pour tous les ripoux de la planète. Il s'en construit tous les jours grâce à la naïveté du public.

Dans la lexicologie de Wall Street, "crony capitalism" ou capitalisme de copinage est un autre aspect de la crise de confiance qui ébranle le monde financier. L'affaire Madoff, du nom du banquier véreux qui a bâti une pyramide de Ponzi, est symptomatique du manque de confiance qu'inspirent, de nos jours, les autorités de contrôle du marché.

Dans l'édition du 4 janvier 2009, le New York Times a donné la parole à Michael Lewis. Par hasard, j'ai pris hier un exemple tiré de son dernier livre à propos d'un humble Mexicain qui ramassait des fraises en Californie et à qui un margoulin avait proposé un prêt de 720.000$ pour s'acheter la maison de ses rêves…

Fort du succès attendu en librairie de son dernier livre, Michael Lewis est l'invité d'honneur du grand quotidien new-yorkais. Il a résumé son point de vue de la crise à travers deux articles qui feront les délices des rares banquiers aimant l'auto flagellation. Les instants de vérité sont si rares que je suis submergé de travail. On assiste à une véritable avalanche de confessions dans le genre : "Ah, nous savions mais nous n'avions pas osé le dire." Dire la vérité exposait leurs auteurs à des sanctions. Il ne fallait pas gâcher la fête. Mais quand une bulle explose, les gens se lamentent. Aussi les honnêtes gens qui dénoncent ces turpitudes et apportent aussi leur solution, sont isolés ou la risée des "insiders" : ceux qui tiennent les rênes du pouvoir, ceux qui s'y cramponnent même s'ils savent, au fond d'eux-mêmes, que leur politique ne peut que nous conduire au désastre. Il doit bien y avoir parmi les énarques des gens honnêtes ou lucides (plus rares) mais ils ne s'exprimeront pas car ils craignent des représailles. Saluons au passage Philippe Jaffré, un ancien inspecteur des finances décédé le 5 septembre 2007, qui avait écrit en compagnie du journaliste Philippe Riès un livre qui compte : "Le jour où la France a fait faillite."

Personne ne demandera aux inspecteurs des finances pourquoi ils n'ont pas réagi pour éviter le naufrage du Titanic. C'est le drame de la France. Une autre caste s'installera à leur place et s'empressera d'effacer ce passé peu glorieux de la mémoire des Français. Les communistes ont pris le pouvoir en 1945 et se sont empressé de dénoncer le régime de Vichy comme si ce régime fantoche était la cause de la déroute militaire de 1940, de l'effondrement des valeurs morales de notre vielle nation… Il fallait trouver un bouc émissaire. Il fut tout trouvé en la personne d'un vieillard sénile de 89 ans, le maréchal Philippe Pétain, la gloire de Verdun, la mère de toutes les batailles. Dans un documentaire que j'ai eu la chance de voir au Grand-Duché de Luxembourg, on voyait une foule immense acclamer le maréchal Pétain, en février 1943, sur la place de la Concorde. Les Français sont primesautiers : ils foulent ce qu'ils ont adoré auparavant. Une nation qui ne veut pas analyser objectivement son histoire, est condamnée à revivre ces douloureux événements. (1)

En revanche, on assiste, en ce moment, en Amérique à des séances d'auto flagellation sans précédent. Lewis écrit : "La cupidité n'est pas une explication satisfaisante pour la crise financière actuelle. La cupidité était nécessaire mais insuffisante. En tout cas, nous ne sommes pas plus capables d'éliminer la cupidité de notre tempérament national que nous sommes prêts à nous priver de la luxure. Le problème à régler n'est pas la cupidité de quelques uns mais les intérêts divergents de beaucoup."

William Cox, le président de la S.E.C, a été remercié pour son excès de franchise (confer mon article du 21 décembre 2008 : D'une bulle à l'autre) Il a osé dire le 17 décembre : "Je suis gravement préoccupé par les multiples manquements depuis au moins une décennie pour mener une investigation sur les activités de Madoff." Cox était au courant. Lewis vient de le confirmer.

Harry Markopolos est un ancient cadre de Rampart Investment Management à Boston. Neuf ans auparavant, il essaya d'expliquer à la S.E.C que Bernard Madoff ne pouvait être qu'un fraudeur. La performance financière de Madoff n'était pas simplement improbable mais mathématiquement impossible. Dans une lettre dévastatrice de dix-sept pages, Markopolos envisagea deux scénarii. Dans le scénario "improbable", Madoff, qui agissait à la fois comme broker pour ses clients individuels et investisseur pour ses fonds, dupait ses clients individuels qui passaient des ordres de bourse. Par exemple, un client passe un ordre d'achat d'actions d'I.B.M à un prix donné. Le broker entre cet ordre pour son propre portefeuille. Si l'action monte, Madoff la garde pour lui. Si elle tombe, il la refile au pauvre client. Dans le "très probable" scenario, écrit Markopolos, "Madoff Securities est la plus grande pyramide Ponzi." On a appris depuis que c'est le deuxième scenario "très probable" qui était derrière la phénoménale régularité de Madoff. L'argent des entrants dans la pyramide permettait de lisser la performance du portefeuille de Madoff.

Markopolos envoya à la S.E.C sa lettre signée du 7 novembre 2005. Pas un coup de fil de la S.E.C pour l'interroger. Mais il avait tenté depuis 1999, excusez du peu, d'expliquer au gendarme de la bourse la supercherie de Madoff. Il se défendit dans ses précédents courriers anonymes d'être un corbeau. Il n'avait aucun lien financier avec Madoff et il n'avait jamais travaillé pour lui. Il ne pouvait être animé d'un désir de vengeance. Il s'exprimait parce qu'il pensait que des milliers d'épargnants seraient fatalement ruinés un jour. Il avait gardé l'anonymat de peur qu'il arrive quelque chose à sa famille…Néanmoins, la S.E.C classa son dossier. Madoff était une célébrité de Wall Street qui avait beaucoup d'amis au Congrès.

La S.E.C a failli à sa mission pour une raison très simple. Elle a inversé son rôle. Censée protéger les petits porteurs des requins, elle a protégé les requins qui avaient des accointances politiques des petits porteurs. Ce n'est pas difficile à comprendre pourquoi. La commission n'est qu'un tremplin pour des emplois autrement lucratifs à Wall Street. Tous les membres entrant à la commission n'ont qu'une idée en tête : ne pas déplaire aux grands patrons de Wall Street. Le poste le plus sensible au sein de la commission est celui de commissaire "exécuteur." Contrairement à l'autorité des marchés financiers en France, la S.E.C n'a pas besoin de saisir la justice pour envoyer en taule un col blanc de Wall Street. Comme par hasard, le commissaire à ce poste sensible était le plus courtisé par les banquiers. Le dernier commissaire s'est vu offrir un poste en or de conseiller à la banque JP Morgan Chase : un poste bidon mais très lucratif. Son prédécesseur avait décroché la timbale chez Deutsche Bank. Le prédécesseur de son prédécesseur coule des jours heureux avec l'argent de la banque Credit Suisse.

Dans ce capitalisme de copinage, toutes les grandes banques ont offert, à tour de rôle, un parachute doré à l'heureux commissaire exécuteur, et dans une moindre mesure, aux quatre autres membres de la commission. Ces gendarmes n'avaient qu'une idée en tête : faire un mandat de cinq ans avant d'aller couler des jours heureux sur un terrain de golf en Floride pour le restant de leur vie avec l'argent des déposants des banques internationales.

Une raison supplémentaire pour demander la restauration en Amérique et l'instauration en Europe du Glass Steagall Act. Le Glass Steagall Act est à la finance ce que la séparation des pouvoirs est à la politique. Notre argent ne doit plus servir à engraisser les ripoux.

(1) Histoire de la Collaboration par Dominique Venner aux éditions Pygmalion

samedi 3 janvier 2009

La notion oubliée d'aléa moral à travers trois crises en 2008



le président géorgien Mikheil Saakashvili


La notion de "hasard moral" que l'on pourrait par traduire par aléa moral, est essentielle pour comprendre les crises que nous avons subies en 2008. De quoi s'agit-il ? Il existe trois versions du hasard moral.

La première est la probabilité qu'un acteur économique prenne des risques excessifs s'il a l'assurance qu'il n'en supportera pas toutes les conséquences.

A Bakersfield, en Californie, un ouvrier agricole mexicain (un ramasseur de fraises) gagnait 14.000 $ par an. Long Beach Financial, une corporation spécialisée dans les subprimes, lui prêta, sans apport initial de sa part, la somme de 720.000 $ pour s'acheter une maison. Il était évident que cet emprunteur ne pourrait pas rembourser sa dette. Cet exemple est cité dans le livre de Michael Lewis : "The End of Wall Street's Boom". Tant que les prix de l'immobilier montaient, l'emprunteur avait la possibilité de revendre son bien et même d'engranger une plus-value. Ce n'était ni la faute du ramasseur de fraises ni celle de son banquier. Ces deux acteurs économiques ont profité du laxisme des autorités politique et monétaire.

La classe politique est la première responsable. Elle a instauré un environnement juridique favorable à la déresponsabilisation des acteurs économiques. Franklin Delano Roosevelt était réticent à l'instauration du FDIC (Federal deposit Insurance Corporation) Il craignait que cette garantie n'incite les banques américaines à prendre des risques inconsidérés. Le président avait à l'esprit la notion de hasard moral. Il n'avait pas tort.

Cette notion de hasard moral date du XVII siècle. Les assureurs anglais s'étaient rendus compte de la fraude au sinistre. Parmi les voitures qui flambent chaque année à l'occasion du nouvel an, une part non négligeable des sinistres émane d'assurés indélicats qui profitent, de cette triste tradition instaurée en France par les jeunes des banlieues, pour se faire remplacer leur véhicule. (confer l'article du 2 janvier 2009 d'Yvan Rioufol intitulé "Voitures incendiées : les vrais responsables.") L'assuré indélicat fait porter sur la collectivité son acte criminel.

Les notions de morale et de hasard moral ne se recoupent pas.

Qu'un acte soit répréhensible ou non d'un point de vue de la morale, n'est pas pris en considération par la science économique. Comme l'a démontré Ludwig von Mises, un acteur économique agit rationnellement : c'est-à-dire qu'il évalue toujours les risques encourus avant de prendre une décision.

Le hasard moral est contingent de l'environnement juridique

Un voleur de banque risque sa vie dans l'opération alors qu'un énarque nommé à la tête d'une banque ne prend aucun risque. Même s'il est licencié de son poste de directeur après qu'il ait fait couler la banque en lui faisant prendre des risques insensés, il a l'assurance de réintégrer son administration. Confer le Dossier noir de l'ENA publié par la Société Civile dans un hors série spécial. Bernard Zimmern, le président de la revue Société Civile, était bien placé pour mener cette enquête puisqu'il est lui-même énarque de formation. Une enquête n'aurait jamais pu être menée par un journaliste car l'information est soigneusement verrouillée par le sérail de Bercy.

Michel de Poncins a donné à un environnement juridique défavorable au hasard moral le nom de "république fromagère". Dans ce régime, la classe politique édicte ses propres règles et s'auto absout. C'est la confusion des pouvoirs.

Une deuxième forme de hasard moral est l'asymétrie d'information

C'est une situation dans laquelle une partie possède plus d'information que l'autre. Un bon exemple nous a été donné, l'été dernier, en Géorgie. Le président Mikheil Saakashvili a pensé pouvoir reprendre le contrôle de la province séparatiste d'Ossétie en lançant une opération militaire le jour d'ouverture des jeux olympiques à Pékin. Il a fait le pari de la vacance du pouvoir politique à Moscou et à Washington.

Dans le numéro du 15 décembre 2008 du New Yorker, Wendell Steavenson a mené son enquête : "Marching through Georgia." Les troupes géorgiennes furent surprises de trouver les rues vides dans Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud. L'artillerie géorgienne ouvrit le feu en soirée sur des positions tenues par les séparatistes. Dans la nuit, les troupes russes franchirent le tunnel de Roki. A l'aube, l'aviation russe entra en action. En quatre jours de raid, elle décima les bataillons géorgiens.

Le bouillant président géorgien avait manifestement sous-évalué l'information dont disposait le commandement russe sur ses intentions d'envahir la province irrédentiste. L'absence de reporters sur le terrain a fait croire à l'opinion publique européenne que l'agresseur était russe. C'était une autre forme d'asymétrie de l'information.

Le président géorgien a fait une partie de ses études de droit international à l'université de George Washington à New York. De sa fréquentation des milieux universitaires et de l'aide financière qu'il a reçu du gouvernement américain, il en a tiré la conclusion hâtive que les Américains se porteraient à son secours. Il s'est trompé. La Géorgie n'a pas la même importance que Cuba pour les Américains.

La troisième forme de hasard moral est celle du problème entre principal et agent

Une partie, que l'on appelle agent, agit au nom d'une autre partie, appelée principal. L'agent a plus d'information à propos de ses actions ou de ses intentions que n'en a le principal. La raison est simple : le principal ne peut pas surveiller son agent parce qu'il n'a pas ses compétences pour comprendre ce qu'il fait. Compte tenu de l'avantage dont il dispose, l'agent peut avoir une incitation à agir de façon inappropriée (du point de vue du principal) si les intérêts de l'agent et du principal ne concordent pas.

Un bon exemple nous a été fourni, en janvier 2008, par l'affaire Kerviel. Ce trader anonyme connaissait les arcanes du back-office où il a travaillé avant d'intégrer, en 2005, le bureau Delta One. Il a su endormir la méfiance de ses supérieurs en plaçant de faux ordres pour masquer ses positions.

Jérôme Kerviel, le trader, et Daniel Bouton, le président énarque, voulaient tous deux faire gagner beaucoup d'argent à la banque. Tous deux sont responsables des pertes énormes essuyées par la Société Générale : le premier par ses opérations illégales, le second par son incompétence à contrôler la branche d'investissement qu'il a lui-même créée !

Tous deux mériteraient d'être sanctionnés sévèrement par la justice. Mais ils ne sont pas logés à la même enseigne. Le premier a dérogé à l'environnement juridique alors que le second s'y est conformé. Bouton a créé une division d'investissement au sein d'une banque de dépôt. Il a fait courir de facto un grand risque aux déposants. Il ne sera pas sanctionné car il a agi dans le cadre juridique français, lequel n'a jamais envisagé une séparation stricte des banques d'affaires et des banques commerciales comme sur le modèle du Glass-Steagall Act de 1933 en Amérique.

La notion de hasard moral à l'épreuve des prochaines crises qui se préparent…

La crise financière de l'automne 2008 est édifiante. Elle a montré qu'une banque d'affaires, Lehman Brothers, jugée à tort secondaire par Ben Bernanke et Henry Paulson, a entraîné la chute de tous les marchés à travers le monde. Les deux pompiers pyromanes ont voulu éteindre le feu en se portant au secours de A.I.G. Ils pensaient que le géant de l'assurance présentait un risque systémique. Dans le reportage de John Cassidy, la notion de hasard moral est souvent évoquée. Elle a été appliquée avec Lehman Brothers avec les conséquences désastreuses que nous subissons.

Les gouvernements keynésiens s'apprêtent à commettre une faute impardonnable avec leur nouveau plan de relance. Au plus fort de la tempête, la Fed s'est retrouvée en première ligne comme premier prêteur, et malheureusement aussi comme prêteur en dernier ressort. C'est ce qui ressort de l'excellent reportage mené par John Cassidy. La concentration du risque entre les mains des douze gouverneurs de la banque fédérale américaine est posée. Si la Fed faisait faillite, une éventualité non négligeable en raison des actifs toxiques qu'elle a accumulés- elle a plus de deux trillions de dollars de créances douteuses ou irrécouvrables dans ses comptes - ce serait la fin du monde.

Le facteur "hasard moral" peut-il encore jouer un rôle alors que la finance américaine est pratiquement nationalisée ? Oui car il est intrinsèque à toute économie, que celle-ci soit une économie de marché ou une économie planifiée. Dans le second cas, c'est la nation entière qui subit les conséquences des actes criminels perpétrés par ses dirigeants politiques.

Il est grand temps de revenir à plus de sagesse en s'inspirant de l'exemple du Titanic. Il faut "recompartimenter" tout le système financier pour éviter un naufrage global. C'est seulement quand cette condition sera remplie, que la notion de hasard moral remplira sa fonction irremplaçable de sanctionner les coupables. Le capitalisme fonctionne sur la confiance, laquelle est inhérente à la notion de hasard moral sinon il s'agit de "crony capitalism" (capitalisme de copinage) emblématique des républiques bananières.

Dans le système pervers actuel, il existe une asymétrie évidente de traitement : les bénéfices sont privatisés, les pertes colossales sont pour les contribuables.

vendredi 2 janvier 2009

1912 Hoover House



A trail or a stream? Sometimes, I am befuddled

Waynesboro, 13 September 2008

After a visit of Washington Monument, I try to catch up with my tight schedule. Two hours later, the trail crosses Interstate 70 on a footbridge. Distracted by a group of scouts, I miss a turn and end up at a parking lot. It is a busy day. Everyone wants to go for a walk in the woods during the weekend. As I don't carry any map, I ask my direction to a young Black. He invites me to follow him. He carries a big stick. We chat while walking back to the trail head. I thank my trail angel at the junction. He is going southbound.

Surprisingly the Appalachian Trail follows the noisy Interstate; then it makes a sharp turn to the right and crosses highway 40. I feel released when I see again a white blaze on a tree. There are many trails inside the park. Blue blazes are for short trails. As I reach a crest, I catch up with the group of scouts. They let me go ahead of them. I thank them. I am moving faster in order to reach Waynesboro tonight.

My feet are sore by the rubbing of second hand socks. My socks busted on the first day of hike. Rose, the lady with whom I shared a meal on the first night, offered me a pair of socks. It did not belong to her. It was given by a hiker who found them on the trail. The community of hikers is helpful to each other. Every day I alternate socks. I wear a pair while the other one dries up outside my backpack. Rose gladly offered me the spare socks. Unfortunately, they are not of good quality. They are rubbing my toes. I stop and take them off. I put the wet socks...

Around noon, I catch up with the five middle men I met yesterday at Turners Gap. They have spent the night at Pine Knob shelter. It is a quarter of mile from Interstate. I won't ask an unpleasant question about the quality of their sleep at the shelter and I won't talk about my diner last night. They look tired. They had been drenched by heavy rain yesterday afternoon. Today they want to reach Ensign Cowall Shelter - an eight mile walk - and tomorrow Pen- Mar Park, the end of their adventure.

Shower resumes in the afternoon. The trail is very rocky in the vicinity of Buzzard Knob. I move carefully when Carrot, a south bounder, asks my trail name. He is sorry that I don't have one. I have no excuse after so many years. I ask him if there are bad rocks ahead. "Yes, but it is just a foretaste before Pennsylvania," said he with candor. I am anxious for my old shoes. Will they hold up? Sensing my uneasiness, he adds: "First part of Pennsylvania is piece of cake." We wish each other good luck.

With a glance to the watch, I grind miles. I hear music in the woods. It is a marriage celebrated in Pen-Mar Park. Guests are dancing in a gazebo with an orchestra. Cute girls with diner gowns and high heel shoes are smoking cigarettes on a sward. I stop at a nearby bench for a drink. There is a faucet outside a red brick building. I am swigging when the girls show up. They giggle while exchanging quick glances. Am I the reason of their embarrassment? I sweat and probably stink; my calves are muddy and my pant is striped of fresh white painting. Neanderthal man is a trespasser in a trendy party.

The frontier of Pennsylvania is half a mile away at the crossing of a rail track. After, the trail goes down to a river flat and my thighs are tight when I resume climbing. I do a quick summary of the day: twenty four miles since Turners Gap. An hour later, I reach the road to Waynesboro. The first car stops. Luckily, they are people who are not afraid by Neanderthal man. Larry is a veteran of the first Gulf War. He knows well his town. He drops me at a Best Western hotel operated, as usual, by an Indian family.

Luckily, my hotel is closed to a good restaurant: 1912 Hoover House. It was built as a private residence, in 1912, by a Hoover family. I don't know if there were relatives to former president Herbert Hoover (1929-1933) History has not been indebted to him. While he was director of the American Relief Administration, he organized shipments of food for starving people in Europe. He extended aid to Soviet Russia in 1921. When a critic inquired if he was not helping Bolshevism, Hoover answered back: "Twenty million people are starving. Whatever their politics, they shall be fed!"

Clients prefer to eat on the front porch of Hoover House by a summer night. Every table is occupied. I don't mind to eat inside. A colonial style armchair will better accommodate my sore buttocks than a plastic outdoor chair. Menu is excellent: Maryland crab cake for starter, stuffed flounder for entrée and Clos du Bois Chardonnay from California. Hoover legacy is transmitted today to a weary European hiker.