lundi 31 août 2009

le choc des civilisations n'aura pas lieu


Le conservateur américain Samuel Huntington (18 avril 1927 - 24 décembre 2008) fut la bête noire des pacifistes de tout poil en Europe.


Comme l'indique son nom, ce blog prend des vacances "on the trail" du 2 septembre au 4 octobre; le temps pour votre serviteur d'achever la traversée à pied et en solitaire des Appalaches. Long de 3500 kilomètres, ce sentier traverse quatorze Etats de la côte Est des Etats-Unis. Au menu de cette quatrième et dernière saison : le New Hampshire et le Maine.

Pas de radio pour m'informer des turpitudes de la civilisation occidentale, pas de téléphone portable pour demander une aide quelconque, pas de GPS (global positioning system) pour m'orienter, rien que la volonté de ne compter que sur mes propres forces et la foi placée dans l'Eternel pour me guider dans le silence des grandes forêts américaines.

A raison de dix heures de marche par jour, cela devrait m'aider à oublier que notre civilisation chrétienne est crépusculaire. "Le choc des civilisations" de Samuel Huntington n'aura pas lieu. L'Europe va tomber comme un fruit mûr sans que personne ne s'en aperçoive. Les élites couardes ont chloroformé l'opinion publique par le discours apaisant et trompeur : "Dormez braves gens ! Vous n'avez rien à craindre. Nos ennemis ne sont pas ceux que vous croyez mais les conservateurs, les faucons, les libéraux, les intégristes et j'en passe ! Nous nous en chargeons."

Le 30 août 1939, quand fut délivré l'ultimatum par le ministre allemand des Affaires Etrangères, Joachim von Ribbentrop, à l'ambassadeur anglais en poste à Berlin, Sir Nevile Meyrick Henderson, personne n'avait envie de mourir pour le corridor de Danzig. Soixante-dix ans plus tard, c'est la même tragédie qui se rejoue dans la plus grande indifférence.

Après le 11 septembre 2001, Samuel Huntington déclara : "Les événements donnent une certaine validité à mes théories. Je préfèrerais qu'il en aille autrement." Il n'en est pas allé autrement avec la politique de l'autruche, peut-on conclure, huit ans plus tard.

3 commentaires:

Philip a dit…

Et bien Bernard, pour un marcheur impénitent vous m'avez l'air bien pessimiste.

Quoique personne ne vous en tiendra rigueur car effectivement, huit ans plus tard le bilan est pour le moins mitigé, voire assez sombre.

Laissons les analogies avec Munich de côté, en dépit de leur pertinence. Souvenons-nous qu'au début des années 70 et durant cette décennie les perspectives n'étaient pas très heureuses non plus.

Feu Jean-François Revel était persuadé que la domination de l'Union Soviétique était désormais inévitable et qu'il fallait s'y résigner. Les Etats-Unis ayant décidé d'abandonner leur fameux bras de fer.

Raymond Aron, bien qu'atlantiste, ne disait pas autre chose dans "La République Impériale".

L'avenir nous aura en définitive persuadé du contraire.

Soyons pessimiste à court terme. Mais optimiste à long terme.

Bernard Martoïa a dit…

je retiens votre conclusion pour tenter de me rassurer.

Demain à l'aéroport de Charles De Gaulle, dans ma plus simple tenue de randonneur, je serai vraisemblablement traité, comme l'an dernier, de suspect terroriste. Les gens assurés de la sécurité appliquent le profiling à l'envers. Voilà où nous conduit le politiquement correct...

daredevil2007 a dit…

Bon voyage M. Martoïa et au plaisir de vous retrouver en pleine forme prochainement.