mercredi 29 juillet 2009

L’enfer est pavé de bonnes intentions




« Les gens qui confondent leur bonne fortune et leur mérite s’engagent inévitablement dans une aventure désastreuse. »

J. Christopher Herold

L’index Dow Jones Industrial a franchi la ligne des 9000 points. Il a clôturé vendredi 23 juillet à 9069 points. Il a gagné 326 points ou 3.7%. Le renversement de tendance depuis deux semaines est confondant : l’index vedette a avancé de 11%. La configuration d’île flottante est périmée. Après une semaine en drapeau, il suit une pente moins raide. Le marché éprouve le besoin de consolider ses gains. Pour mémoire, il est simplement revenu se placer à son cours de début d’année.

Malgré un rebond spectaculaire du marché, la fin de la récession n’est pas pour demain.

La Fed vient de publier son livre beige sur l’état de l’économie américaine. Elle a découpé le pays en douze districts qui sont supervisés par un gouverneur de la banque. Voici un extrait saillant de ce rapport par zones géographiques : «Chicago et Saint Louis notent un ralentissement du déclin. New York, Kansas City, Cleveland et San Francisco montrent des signes de stabilisation. Seul Minneapolis voit une contraction depuis le dernier rapport.» Concernant le marché de l’immobilier résidentiel qui est à l’origine de la crise, la Fed note qu’il est mou à peu près partout. En revanche, le marché de l’immobilier commercial a continué sa dégringolade dans deux tiers des districts. Il n’y a pas matière à pavoiser ; tout au mieux note-t-on un ralentissement de la dégringolade aux enfers si cela vous intéresse encore.

Une crise peut en cacher une autre

Tous les médias ont raconté, la semaine dernière, que le nombre de ventes de maisons avait grimpé de 3.6% en juin. Le marché a pris cette excuse pour s’envoler au-delà de la ligne des 9000 points. Suspicieux, Alan Abelson a interrogé Mark Hanson qui est un professionnel de l’immobilier. Mark a relevé une stabilisation du marché des maisons de bas de gamme qui sont en dessous de 150 000 $. Ce secteur attire les jeunes primo-acheteurs qui se disent qu’ils font une bonne affaire. En revanche, ce n’est pas la même histoire pour le marché des maisons moyennes ou de haut de gamme.

Mark a fourni un tableau intéressant à l’éditorialiste du Barron’s Magazine. On a beaucoup glosé en France à propos de la crise des « sub prime credits » mais on a totalement ignoré celle des «prime credits ». Cela n’apitoiera pas les socialistes qu’il n’y a pas que les pauvres en Amérique qui ne peuvent plus honorer leur échéancier de remboursement de prêt hypothécaire. Cette enquête a été menée dans dix-sept grandes banques du pays. La clientèle est divisée en deux catégories. Dans la première figurent les taux de défaut parmi la riche clientèle qui a pu jusqu’alors honorer ses engagements. Dans la seconde sont indiqués les taux de défaut parmi les ménages qui ont obtenu un rééchelonnement depuis dix mois. Le taux de défaut pour les riches ménages est alarmant. Il est de 34% à la banque Fremont qui est la moins mal lotie et culmine à 59% à la banque Countrywide. Quant au taux de défaut parmi les ménages qui ont rééchelonné leur dette il y a dix mois, il est tout simplement catastrophique : 62% à la banque JP Morgan Chase et 80% à Countrywide. On peut se poser la question pourquoi il n’y a pas davantage de banques qui font faillite. Ce serait passer sous silence la main invisible de Ben.

Pour Mark, le rééchelonnement de la dette n’a fait qu’empirer la situation des ménages américains. « Les modifications de prêt », fulmine-t-il, «transforment les propriétaires en débiteurs à vie, les rends incapables de revendre, racheter, refinancer ou épargner. Ils les tournent en zombies économiques.»

Ce tableau calamiteux illustre la faillite de l’administration Obama. Le président a crû pouvoir sauver les ménages les moins aisés en rééchelonnant leurs dettes. Leur situation a empiré. C’est le genre de choses malheureuses qui se produisent lorsqu’on élit un ignare qui a la prétention de vouloir tout changer. Barack Hussein Obama est le digne successeur de Franklin Delano Roosevelt qui s’était essayé à tout pendant huit ans avant que l’économie ne reparte d’elle-même en 1941.

2 commentaires:

BugBreeder a dit…

Bonjour Bernard,

J'ai un souci avec vos chiffres, je ne doute pas que l'info soit sincère, mais elle est invraisemblable sous cette forme. Vous nous dites que le taux de défaut pour les riches ménages varie entre 34% et 59%, et pour ceux qui ont rééchelonné leur dette de 62% à 80%.

Qu'on aie jusqu'à 80% de défauts de remboursement de prêts au Zimbabwe, je veux bien, mais aux US, surtout parmi les ménages les plus riches qui savent le mieux résister aux crises, c'est strictement aberrant.

Ne s'agirait il pas encore de ménages qui sabordent volontairement leur prêt pour racheter à bas prix en pleine crise ce sur quoi ils s'étaient engagés au prix fort, donc pour faire une substantielle économie ? Alors dans ce cas même si c'est présenté comme une perte dans le bilan de la banque c'est en réalité un vulgaire manque à gagner, ce qui est vraiment extrêmement différent.

Vous serait il possible d'expliciter ce point, parce que présenté sous cette forme, 80% de prêts non remboursés par les riches ménages, sans offense je n'en crois pas un mot, c'est invraisemblable, y'a un truc...

Merci d'avance.

Bernard Martoïa a dit…

Monsieur,

je pense, comme vous, que de nombreux ménages américains préfèrent se placer sous la loi de la faillite plutôt que d'honorer leur dette. C'est un calcul rationnel de leur part mais c'est aussi un mauvais exemple donné aux bons payeurs.

Spéculateurs et autres personnes imprévoyantes sont secourus au détriment de la collectivité. Pour sortir de ce piège, il n'y a qu'une solution : rétablir l'aléa moral et qui se résume ainsi : "Assumez les risques que vous prenez !"

L'aléa moral est contraire à la politique socialiste, menée depuis des lustres, par les gouvernements américains qui se sont succédé.

Ex : l'adage "too big to fail" appliqué aux grandes banques américaines dans la tourmente de septembre 2008

A cet adage cynique existe sa contrepartie cruelle : "too small to be rescued" appliquée aux autres.