samedi 23 mai 2009

La faillite programmée des Etats par la faute des néokeynésiens


dans un sketch de 1960, le comédien Marty Allen disait : "Une étude économique révèle généralement que le meilleur moment d'acheter n'importe quoi était l'an dernier."



La formation d’un double sommet est un signal baissier envoyé par le marché

L’index Dow Jones a clôturé vendredi 22 mai à 8277 points, soit 9 points de plus que la semaine dernière. Peut-on en déduire que la semaine a été étale ? Pas vraiment pour la raison suivante. Après avoir atteint un pic intraday à 8657 points lors de la séance du 8 mai, l’index a retesté ce plafond, le 20 mai, avec un autre pic intraday à 8645 points. N’ayant pu crever ce plafond, il vient de former un double top (sommet) ; c’est un fort signal bearish (baissier) selon l’analyse graphique.

Je persiste à croire que nous sommes toujours dans une configuration d’île flottante (island reversal), une histoire qui se terminera très mal pour les investisseurs de la onzième heure. (1) Il est conseillé de sauter du train en marche (vendre immédiatement tout son portefeuille d’actions) et d’attendre tranquillement sur le ballast que la purge du marché se réalise. Cela ne devrait pas tarder. A bon entendeur salut !

La pandémie E2I2 (euphorie irrationnelle) touche à sa fin

Le marché a réagi trop favorablement à l’annonce du stress testing des dix-neuf grandes banques américaines par le secrétaire du Trésor Timothy Geithner. Pouvait-il en être autrement avec la propagande ardente menée par l’administration Obama ? Plus une banque a besoin de se recapitaliser, plus son cours grimpe ! Ainsi Bank of America dont le besoin de recapitalisation a été estimé à 34 milliards de dollars, a vu son cours s’envoler de 17% au cours de la séance euphorique du 8 mai. Imaginons, un instant, que Bank of America aurait eu besoin non pas de 34 milliards mais de 68 milliards de dollars pour se renflouer, son cours aurait alors grimpé de 34% ! C’est ce genre de déduction fallacieuse que l’on rencontre en période d’euphorie irrationnelle.

De son côté, le Wall Street Journal a fait passer un stress testing à 940 banques régionales. Le résultat est plus alarmant que pour les dix-neuf grandes banques, celles qui sont considérées « too big to fail !» par l’establishment keynésien. Seulement 306 banques sur 940 seraient suffisamment capitalisées. Pourtant l’examen de passage n’était pas dur. Il suffisait aux banques d’avoir un ratio Cooke de 4% au lieu de 8% prévu par le comité de Bale. Cela en dit long sur l’état de délabrement du système bancaire américain. Ne glosons pas alors qu’il n’y a que trois banques (toutes familiales) en France sur les deux cent enregistrées qui passeraient avec succès le stress testing. (2)

La Fed et l’administration Obama sont responsables de la nouvelle bulle sur les marchés boursiers

La politique monétaire de la Fed (banque centrale des Etats-Unis) est la cause principale du cycle « boom and bust ! » que je préfère à celui trop gentil de «stop and go !» employé par les néokeynésiens. Ainsi ne s’est-il écoulé que huit mois, entre l’explosion nucléaire du 15 septembre 2008 avec la réaction en chaîne provoquée par la faillite de Lehman Brothers, et la formation d’une autre bulle sur les marchés boursiers. Mais nos keynésiens indécrottables vous diront encore qu’il n’y avait pas d’alternative pour faire repartir l’économie. Il faut vivre ou plutôt survivre dans un environnement de plus en plus déséquilibré par leurs interventions intempestives. Les keynésiens ont malheureusement le monopole de l’information.

Autant dire que votre serviteur et les tenants de l’école autrichienne ne sont que des spectateurs impuissants du prochain désastre qui se profile à l’horizon. Loin de stabiliser une économie, les keynésiens ne font que la détraquer. Pour autant, la cause de la récession est toujours imputée à la dérégulation dans l’esprit du public français. Peut-il en être autrement dans une nation qui ne jure que par l’Etat ?

Vers un krach des obligations, ultime étape du désastre keynésien

Justement, ce sont les Etats qui vont être prochainement mis à l’épreuve. Chaque bulle keynésienne est plus meurtrière que la précédente. Après celles d’internet en 2000 sur le Nasdaq et de l’immobilier américain en 2005 (merci messiers Greenspan, Clinton et Bush), se profile à l’horizon celle des obligations d’Etats (merci par avance à messieurs Bernanke, Geithner et Obama).

L’agence de rating Standard & Poor’s a annoncé, le 21 mai, la possibilité de réviser la notation de la dette publique du Royaume Uni. Dans son communiqué, l’agence déclare : “Nous avons révisé la perspective du Royaume Uni à négative, due à notre point de vue, que même avec un accroissement de la pression fiscale, la dette de l’Etat pourrait approcher 100% du PNB en 2013 et rester à ce niveau dans le moyen terme. […] Un fardeau de la dette à ce niveau là est incompatible avec un rating AAA. »

La marquise de Bercy reste imperturbable dans ses prévisions optimistes de sortie de crise. Je n’émettrai qu’un vœu pour la France : « Il faut geler pendant trente-cinq ans les dépenses de l’Etat !» Depuis 1974 avec l’arrivée de l’énarchie au faite du pouvoir (le tandem Giscard-Chirac) ce pays n’a jamais réalisé un seul excédent budgétaire. Il faudra autant d’années de rigueur pour desserrer la contrainte qui pèse sur les générations futures.

(1) Archive du samedi 2 mai 2009 : la Chine veut racheter tout le stock d’or du Fonds Monétaire International
(2) Source sur le site de Jean-Pierre Chevallier http://www.jpchevallier.com