vendredi 28 décembre 2007

Des milliers d’élus et des millions de fonctionnaires vivent aux crochets des Français.

« Une subdivision territoriale est un découpage administratif créé par l’État et destiné à faciliter l’administration ou la gestion de celui-ci. Les subdivisions administratives forment le plus souvent des maillages superposés et emboîtés à l’intérieur du territoire de l’État.» Telle est la définition, quid de la réalité…

La subdivision territoriale confine à l’absurde en France. Il existe six strates administratives en métropole : la commune, le canton, l’arrondissement, le département, la région et l’État auquel on pourrait rajouter la myriade de structures de coopération : les SIVOM (syndicats intercommunaux à vocation multiple) les SIVU (syndicats intercommunaux à vocation unique), les SAN (syndicats d’agglomération nouvelle), les ZAC (zones d’études et d’aménagement du territoire). Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive en raison du clonage administratif.

Conséquence de son espace extra-européen, il existe également des départements d’Outre-Mer (DOM), des territoires d’Outre-Mer (TOM), des régions qui se confondent avec les départements en question et le statut hybride de Mayotte en attendant le référendum de 2010. Cet espace administratif est géré par le ministère de l’Outre-Mer avec sa cohorte de fonctionnaires parisiens.

La multiplication de ces strates fait les délices des élus locaux et des fonctionnaires territoriaux qui ont un statut particulier. Tout est particulier dans ce pays puisque cette administration coexiste avec une fonction publique d’État et une fonction publique hospitalière. On pourrait ajouter à cette trilogie une fonction publique de transport et d’énergie dont le statut très particulier autorise ces nantis à prendre en otage les citoyens. Un élu a automatiquement la double casquette de conseiller général et de conseiller régional dans un DOM. C’est la même chose à Paris où un conseiller municipal est également conseiller général. Cela se concrétise par un double chèque à la fin du mois pour ces cumulards. La subdivision territoriale à la française ressemble aux poupées gigognes russes. L’athéiste jacobinisme a reproduit le miracle de la multiplication des pains réalisé par Jésus de Nazareth. Des milliers d’élus et des millions de fonctionnaires vivent aux crochets des Français.

Ce foisonnement a évidemment un coût énorme pour la collectivité, qui est longtemps resté inaperçu tant qu’il y avait de la création de richesse. Mais avec une croissance atone et des caisses vides, cela devient intolérable. Il faut tout remettre à plat avant que le bateau coule. Cela passe par une redéfinition des missions de l’État : le retour au pré carré de ses fonctions régaliennes (armée, police, justice et affaires étrangères) et l’abandon pur et simple des autres missions qui peuvent être assumées plus efficacement par le secteur privé. Force est de constater que le gouvernement de M. Sarkozy fait tout le contraire de ce qu’il faudrait faire. Il rogne les dépenses de l’armée et réduit le nombre de tribunaux alors que le contentieux explose.