mardi 17 juillet 2007

Tintin ou la fin des Européens

Fait-il bon vivre au Royaume Uni ? Cela dépend pour qui à la lumière des péripéties qui émaillent la vie quotidienne de cette vieille nation européenne. Le départ de Tony Blair a été salué comme il se doit par un attentat déjoué. Fait nouveau dans la guerre sainte que nous livrent les musulmans : les auteurs de l'attentat en question sont des médecins. A quoi servent encore le serment d'Hyppocrate et notre socle héllenique ?

"Soyez tolérants avec tout le monde et pour cela effacez des pans entiers de votre culture pour ne pas heurter la sensibilité des éléments allogènes " nous martèlent les têtes bien pensantes qui président à nos destinées. Cela a officiellement démarré avec l’effacement de la référence à Dieu dans le projet de constitution européenne. Il ne se passe plus une journée sans qu’une action en justice soit intentée pour enlever une pierre à l’édifice. Dernier coup de Trafalgar : la lecture de Tintin au Congo est désormais interdite aux mineurs Outre Manche. L’album a été jugée raciste par une commission britannique. Outre la présentation des Noirs comme de grands enfants naïfs, c’est la présence insupportable de missionnaires catholiques en Afrique qui aurait incité l’avocat David Enright à demander le retrait de ce livre culte pour des générations d’adolescents européens.

Cette décision va-t-elle faire jurisprudence en Europe ? Ce n’est pas à exclure. Pour une résistance comme la relaxe de l’hebdomadaire Charlie Hebdo concernant la reproduction des caricatures de Mahomet parue dans le quotidien danois Jyllands Posten, il y a une reculade comme la décision du Conseil d’État français d’interdire la soupe au lard servie par une organisation caritative. Cela reflète la proportion de juges courageux qui tentent de préserver le socle de nos valeurs.

Tout sera-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes lorsque le subversif Voltaire sera remplacé par l'étude obligatoire du Coran en Eurabia ? C'est l'avenir radieux que nous prépare la commission européenne et ses épigones avec l'entrée de la Turquie au sein de l'Union Européenne.

jeudi 5 juillet 2007

Harvard versus Sorbonne

Dans un classement mondial établi conjointement par l’université chinoise de Shangaï et le journal Times de Londres ne figurent que deux universités françaises parmi les cent premières : Paris VI à la 65ème et Paris XI à la 72ème place de ce palmarès.

Redorer le lustre de nos universités pour attirer les meilleurs étudiants ne sera pas une tache facile. Le gouvernement français s’est engagé à verser un milliard d’euros supplémentaires par an à l’enseignement supérieur. Cette somme est dérisoire. Le seul budget de fonctionnement de l’université de Harvard qui caracole en tête de ce prestigieux classement est de trois milliards de dollars. A la pauvreté des moyens financiers s’ajoute celle des informations disponibles pour établir des comparaisons crédibles. Sur le site de la Sorbonne ne sont disponibles que deux maigres statistiques concernant le budget de la documentation - 1.300.000 € - et celui de l’édition avec 32.500 €. La comptabilité de l’université de Harvard est digne de celle d’une entreprise cotée sur le marché. Le document téléchargeable intitulé « 2007 Online Factbook » comprend une quarantaine de pages de tableaux. La richesse des informations ne nuit pas à leur clarté : le site de Harvard offre un tableau synoptique de son administration alors que celui de la Sorbonne se contente d’égrener ses services administratifs…

Dans les négociations en cours, les étudiants auraient obtenu gain de cause avec une représentation égale de son syndicat d’obédience marxiste - Union nationale des étudiants de France (UNEF) – dans la future composition des conseils d’administration des universités. C’est une nouvelle reculade de celui qui prétend incarner la rupture avec le « désordre ancien. » En 1969, le président de l’université de Harvard, Nathan Marsh Pusey, appela la police pour faire évacuer les étudiants qui occupaient le hall de l’université. En mars 2006, les manifestants contre le projet de contrat de première embauche (CPE) ont saccagé la bibliothèque de la Sorbonne qui contenait des ouvrages anciens de grande valeur. Il n’y a pas eu de condamnation prononcée par la justice française. Imagine-t-on un président d’université porter plainte contre des casseurs ? C’est impensable dans notre État de non droit. A Harvard, il n’y a pas de syndicalistes au conseil d’administration ; néanmoins, une réforme a été introduite, en 1994, avec une consultation régulière des étudiants par le principal de l’université.

Le collège de Harvard a été fondé en 1636, seize ans seulement après l’arrivée des Pilgrims du Mayflower sur le sol américain. Il n’y a eu que vingt-huit présidents depuis sa création : soit une durée moyenne de treize années par mandat. Le président est élu par les six membres du conseil de direction. Il y a dix fois plus de membres dans les conseils des universités françaises. Le gouvernement français voudrait diviser par deux ces conseils pléthoriques qui nuisent à la prise de décision. L’université de Harvard a également un conseil de surveillance qui est composé de trente membres mais dont le rôle est purement consultatif.

La recherche n’est pas cloisonnée dans le système américain. Tout chercheur doit donner deux heures de cours par semaine à la faculté et rédiger des rapports annuels sur ses travaux pour justifier ses émoluments. Quel gouvernement en France aurait le courage de décloisonner le système en demandant à nos fonctionnaires du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) d’assumer des cours à l’université en contrepartie du salaire qui leur est versé ? C’est impensable d’envisager cette opération de vérité qui aboutirait à licencier au moins la moitié des effectifs de ce Léviathan. Dans le budget de Harvard, c’est la fondation qui assume 67% des dépenses de recherche ; viennent ensuite les entreprises avec 8%, divers 5%, l’État fédéral et l’État du Massachusetts à hauteur combinée de 11%, les instituts de recherche 6% et enfin les hôpitaux avec 3%.

L’université est le parent pauvre en France à cause des grandes écoles. L’exception française se porte bien. La réforme de l’université ne peut faire l’impasse sur cette anomalie : un étudiant à l’école nationale d’administration -ENA- coûte dix fois plus cher au contribuable qu’un étudiant en faculté. A Harvard, les frais d’entrée varient du simple au double selon la discipline choisie : 20.000 $ pour la section de « divinité » qui étudie les religions du monde et 40.000 $ pour un très lucratif master business of administration (MBA) qui est un sésame dans le monde de l’entreprise. Les étudiants américains font un prêt à taux zéro et remboursable sur une période modulable en fonction de leurs ressources lorsqu’ils entament une carrière professionnelle. En France, ce sont les parlementaires qui bénéficient d’un prêt à taux zéro.

Question saugrenue posée à nos parlementaires : est-il normal que le contribuable français finance l’intégralité des dépenses des universités ? Pourquoi faire payer à un maçon cet investissement alors que lui n’en tire aucun bénéfice ? Il faut considérer l’université comme un investissement personnel pour briguer une meilleure carrière et donc multiplier par dix les droits d’entrée ! Pour terminer, est-il équitable que les étudiants bénéficient de réductions dans les salles de cinéma ou les modes de transport alors que les jeunes apprentis qui vont trimer toute leur vie, en sont exclus ? Où est la justice ? Ne parlons pas de « justice sociale » qui fait partie de la logorrhée égalitariste à la mode dans ce pays.